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Tome premier.
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»iB supplément '

blance qu’il vivoit 240 ans environ avant Alexandre , c’est-à-diro , près de 540 ans avant Jesus-Clirist, 80 ans avant Héro-dote , ou enfin vers le temps d Anaximène et Anaximandre ,à qui d’un autre côté l’on attribue ces inventions.

Depuis ce temps, je veux dire , depuis ces deux successeursde Thaïes, on trouve dans l’antiquité une mention assez fré-quente de cadrans solaires ou d’horloges : Menandre intro-duisoit dans une de ses pièces un parasite affamé, qui avoitguetté au cadran sombre qui annonçoit l’heure du repas auquelil étoit invité, mais qui s’y étoit pris de si bon matin qu’ilavoit pris l’ombre de la lune à la place de celle du soleil. Onmontroit à Epicure un cadran solaire comme une inventioningénieuse des mathématiques qu’il affectoit de mépriser. Belleinvention , dit-il, pour ne pas oublier de dîner. L’anthologiegrecque nous a conservé une jolie inscription apposée à uncadran solaire , et qui semble avoir trait à l’emploi de lajournée chez un certain ordre de citoyens. Le sens en est;six heures de La journée sont données pour Le travail ; les

Í iuatre suivantes disent aux mortels : vivez. Ces quatreìeures étoient en effet marquées des lettres numérales grecquesZ. H. S. 1. , et ce mot ZH 0 I signifie vis.

C’est ici le lieu de citer un curieux fragment d’une comédiede Plaute ( la Béotienne ), qu’Aulugelle nous a conservé dansses Nuits attiques (liv. 3 ) , et dans lequel un parasite déclamecontre les cadrans solaires en ces termes :

Ut eum dî perdant, primas qui horas repperit ,

Quique adeo primas statuit hic solarium ,

Qui mihi comminuit miscro articulatim dicm.

Nam me pucro utérus erat solarium

Multo omnium istorum optimum ac verìssimum.

Ubi iste monebat esse , nisi cum nikil erat :

]S~unc etiam quod est , non est nisi Soli lubet.

Jtaque adeo jam opplatum est oppidum solariis , .

Major populi pars aridi reptant famé.

En faveur de la génération prochaine, pour qui ía con-noissanec de la langue latine sera aussi familière que Testaujourd’hui celle du grec, en voici la traduction : «que lesDieux confondent celui qui, le premier inventa les heures etplaça ici ce cadran qui, pour mon malheur ,, me dépéce ainsila journée ; car dans mon enfance mon ventre étoit mon cadran ,bien meilleur et plus juste que tous ceux-la: on mangeoitquand il avertissoit de manger, a moins qu on n’eût rien;mais aujourd’hui ce qui est, n’est pas, à moins qu’il ne plais?