58 HISTOIRE
de nouveau, car il paroît par une lettre écrite dès , 63 q, qu’ill’avoit déjà fait de son propre mouvement. Mais il n'eût pasla satisfaction de voir ce problème résolu ni ir êrne de savoirs’il l’avoit été quelque part, ce qu’il demandoit instament dansune de ses lettres. Cavalleri, tout habile géomètre qu’il étoit,y échoua, et Galilée mourut en 1642. Que peuvent répondreà ces preuves éciites , ceux qui, comme Groningius, Carlo-Dati (1), ont prétendu faire honneur à l’italie , de la pre-mière solution de ce problème.
Après la mort de Galilée, ses deux disciples et compa-gnons de sa vieillesse, Torricelli et Vivian! , informés desinvitations qu’il avoit reçues de travailler à ce problème , yessayèrent leurs forces. Torricelli trouva Paire, et Vivian! lestangentes ( 2 ) ; le premier en reçut au commencement de1643 , les félicitations de Cavalleri qui convenoit avoir fait devains efforts pour surmonter la difficulté du problème ( 3 ).Torricelli faisoit alors imprimer ses ouvrages; il y inséra parforme d’appendix, ce qu’on avoit trouvé en Italie sur ce sujet.On ne peut disconvenir que Torricelli et Vivian! n’ayent purésoudre au-delà des Monts, un problème déjà résolu en deçà;et puisque Roberval étoit si jaloux de sa découverte, il luisuffisoit d’établir par des pièces authentiques son droit surelle, au lieu de la fulminante et pédantesque lettre qu’il écrività Torricelli, et dans laquelle il n’a pas su faire valoir la seuleraison irréfragable qu’il ponvoit alléguer , savoir le livre deMersenne , imprimé en i 63 ^. Cette preuve eût mieux valu quetoutes ses protestations et adjurations aux immortels , ainsique la longue histoire qu’il fait de ses méditations sur lacycUïde. Dans des contestations de ce genre, on n’a égardaux faits avancés par les parties, qu’autant qu’ils sont fondésen preuves éciites.
M. Pascal , dans son Histoire de la Roulette ( Cvcloïde) ,dit que Roberval ayant trouvé Paire de cette combe vers Pani 634 , Mersenne l’exhorta à cacher sa solution pendant un an,et qu’il invita tous les géomètres de l’Enrope à la rechercher.L’un et l’autre de ces faits me parfissent peu exacts. Card abord il est contasté par la correspondance de Descartes ,citée plus haut, qu il n’a eu connoissance du problème quevers i 63 tí, où Mersenne lui en parla pour la première fois;et qui pourra penser que ce correspondant de notre philo-sophe, eût oublié de le mettre au premier rang des géomètres
(1) setura í Philakthi. (3) Groning. Itid.
(2) Lettre de Torricelli s Roberval ,
Ane, Mon, de l’Acad ,, 1. 6.