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Tome second.
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ìi8 HISTOIRE

«ne pétition de principe, pnisqu’il est impossible de construirecette courbe à tous ses points sans la résolution générale deséquations cubiques. Harriot eníin , qu’il met à tant d’égardsau-dessus de Descartes , et surtout comme ayant donné desrègles plus sûres pour le discernement des différentes espècesde racines dans les équations , n'est pas plus exempt d'erreur.M. Hallei a remarqué (i) qu’il s’est trompé en ce qui concernela détermination des racines réelles et imaginaires dans leséquations cubiques. Cette récrimination au reste n’a point pourobjet de déprimer des hommes qui ont si bien mérité desMathématiques, mais seulement de montrer l’injustice des cla-meurs de Wallis contre Descartes. Pour avoir le droit , je nedis pas de remarquer l'erreur d’un grand homme , mais de lalui reprocher , il faut en être soi-même parfaitement exempt.

Nous ne pouvons nous empêcher de relever encore quelquestraits de la partialité singulière de Wallis envers son compa-triote , et de son déchaînement contre Descartes. De ce quel’ouvrage d’Harriot a paru le premier , il conclut que le phi-losophe françois a dû le connoître , et qu’il en a profité. Maistrouve-t-ou dans des écrits d’analystes antérieurs à Harriot , desidées que celui-ci a employées ; suivant son zélé panégyriste ,il ne les a point connus : c’est son compatriote , enfin , toutest son ouvrage , tout lui est dû , jusqu’à la résolution ordinairedes équations du second degré. A l’égard des analystes françois,c’est un autre poids , une autre balance. D’abord. il omet ouil exténue tout ce qu’il y a d’original dans la géométrie deDescartes. 11 ne forme presque l’énurnération de son contenuque de ce qu’il y a de plus trivial en algèbre ; il lui fait mêmeen quelque sorte un crime d’avoir fait usage des opérations lesplus simples de l’algèbre , et peu s’en faut qu’il ne le traite deplagiaire. Forcé cependant de reconnoître cette belle règlepour la distinction des racines positives et négatives, il la metbien au-dessous de celle d’Harriot ; jugement que n’ont pointconfirmé les analystes , qui sé servent tous les jours de celle deDescartes, et qui ont oublié l’autre. Cet homme enfin , si assuréquand il s’agit d attribuer à Harriot des découvertes qui ne luiappartiennent point, s’il laisse à Viète , à Descartes , quelquesbagatelles , ne manque point de craindre toujours de leur entrop accorder. Ces formules dubitatives , et fortè antè eumalii ; nescìo an non ante eum alii , ou d’autres semblables,sont le plus souvent employées. Lorsqu’il arrive aux décou-*vertes mixtes de notre géomètre , il élude adroitement ce pointembarrassant, sous le prétexte qu’elles ne sont point d’analyse

(1) Trans. Phi/, ann. 1687, n°. 190.