DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. II. 119pure , comme si l’algèbre n’avoit pas autant gagné à son allianceavec la géométrie , que celle - ci même. Cependant sa hainecontre Descartes se rallume , il revient à la charge , et il necraint point de mettre son ouvrage au niveau des plus mé-diocres. II Unit par comparer Harriot à Colomb, qui découvritle nouveau monde, et à qui l’aventurier Americ Vespuce ravitl’honneur de lui donner son nom. Fut-il jamais de déclamationaussi aveugle et autant contredite par T admiration universelledes géomètres pour l’ouvrage de Descartes ? Elle porte avecelle-même sa réfutation.
Je n’ignore pas que cette discussion relative aux découvertesrespectives de Viète , Harriot et Descartes , m’a fait ranger aunombre des ennemis de la gloire d Harriot. On s’en expliqueainsi dans 1 , Année astronomique , ou les Ephémérides deBerlin pour l’année 1788. On lit, en parlant de l’analyste an-glois : « Ce grand homme est connu et célèbre parmi les ma-ri thématiciens de toutes les nations, à l’exception des François,» chez lesquels son nom a été déprimé avec une chaleur vé-» ritablement haineuse ( Voyez Histoire des mathématiques ,*» et diverses autres ). Les François ne peuvent souffrir que» Harriot diminue le moins du monde la gloire de leur Viète
et de leur Descartes , et que ce dernier soit inculpé d’un» plagiat évident. » 11 m’est facile de répondre à cette in-culpation.
Je dirai donc d'abord que rien n’est moins fondé que cequ’on m’impute , savoir que j'ai cherché à déprimer Harriot ;car il n’est certainement avant moi aucun auteur qui soit entrédans un détail aussi étendu et circonstancié de ses inventionsen analyse , et de ce qu’elle lui doit. Si j eusse cherché à dé-primer Harriot, je n’aurois certainement pas pris cette peine.
Mais quand j ai vu Wallis , dans sa prétendue Histoire del’algèbre, attribuer à son compatriote jusqu’à la résolution deséquations du second degré ; prétendre que Harriot a le premierdémontré la réalité des racines des équations cubiques quiconduisent au cas irréductible , tandis que Bombelli l’avoitdémontré dans un ouvrage publié en i 58 9 , et Viète après luid’une autre manière ; faire honneur à son compatriote de larésolution des équations du quatrième degré , par le procédémême qu’emploie Ferrari ; traiter Descartes presque de géo-mètre médiocre ; Tinculper avec amertume d’une erreur danslaquelle , quand il seroit tombé , il n’en seroit pas moins vraiqu’il auroit trouvé une très-belle règle , malgré sa limitation ,( c’est le sentiment unanime des analystes ) , je n’ai pu medéfendre d’un peu de chaleur ; et d’autant plus que Wallis ,qui inçulpe Descartes d’erreur ou de méprise, xt’en est paa