120 HISTOIRE
exempt lui-même , comme je l’ai fait voir et comme je le pour*rois faire voir en quelque chose de plus grave. Quoiqu’on en.dise donc , fauteur de la lettre en question me permettra d’at-tendre qu’on ait montré que je me sois mépris sur quelques-unsdes faits que j’ai cités en combattant l’histoire singulièrementpartiale que Wallis a faite de l’algèbre.
Mais si Descartes a allumé son flambeau à celui d’Harriot ,ce qui peut être, quoiqu’il soit assez vraisemblable que les dé-couvertes principales de sa géométrie sont antérieures à la datede l’ouvrage de l’analyste anglois , est-ce que Harriot n’a pasprobablement allumé le sien au flambeau de Viète, dont tousles écrits ont été publiés avant 1600 ? Et dans quel endroitHarriot dit-il qu’il doit quelque chose à l’analyste françois ?Je vais même apprendre ici une anecdote peu connue : c’estque Viète a eu pendant quelque temps un secrétaire anglois,nommé Nathanael Torporley ; c’est M. Sherburn , Anglois ,qui nous l’apprend dans sa traduction en vers anglois du pre-mier livre de Manilius , accompagnée d’amples notes ; car ildit , page 78 , que Torporley fut sometìmes amanuensis to thefamous Vieta. Or Torporley a été pendant long-temps un descommensaux d’Harriot chez le duc de Northumberland ; n’est-il pas bien probable que , dépositaire de beaucoup de penséeset de manuscrits de Viète , il a pu et même dû les communi-quer à Harriot? Ce Nathanael Torporley est auteur d’un livred'un titre fort bizarre : Diclides cœlo - metricae seu valvaeastronomicae universelles, &c. ( Lond. 1602) en deux livres,dont le premier enseigne la construction des Tables astrono-miques et leur usage ; le second a en partie pour objet latrigonométrie sphérique , dont les règles y sont énoncées avecune brièveté et une concision qui décèle bien un élève de Viète,qui avoit contracté son style et sa manière. C’est-là tout ce quenous en pouvons dire ici. Mais M. Hutton , dans l’excellenteHistoire de la trigonométrie , qui précède ses nouvelles Tablestrigonométriques et logarithmiques, entre dans plus de détailssur ce sujet.
V.
Nous passons présentement à faire le récit des découvertesd’analyse-mixte, dont nous sommes redevables à Descartes.Celle qui tient le premier rang , et qui est le fondement detoutes les autres, est l’application qu’il fit de l’algèbre à lagéométrie des courbes. Nous disons à la géométrie des courbes;car on a vu que l’application de l’algèbre à la résolution desproblèmes ordinaires est beaucoup plus ancienne. Mais sansdéprimer ces inventions, nous pouvons dire qu’elles ne sont