Band 
Tome second.
Seite
140
JPEG-Download
 

140 HISTOIRE

péchoit, en ce quelle ne réussissent point dans un cas où ilen faisoit une fausse application. 11 vouloit que la tangente tiréed'un point extérieur, comme C, d’une courbe à sa circonfé-rence ( Jìg. 5i ) , fut un vrai maximum à l’égard des lignestirées à la partie convexe, et un vrai minimum, à f’égard decelles tirées à la partie concave ; en conséquence il vouloit quela règle de maximis et minimis de M. de Fermât, servît decette manière à déterminer les tangentes des courbes , etcomme elle ne le faisoit pas il la déclarent mauvaise : mais la pré-vention seule, car les plus grands hommes n’en sont pas toujoursexempts, lui inspirent cette objection. De quelque manière qu’onl’entende , la tangente C A n’est point un maximum ou unminimum , et elle n’en a point le caractère. La règle proprede Descartes, celle du calcul différentiel, seroient vicieuses sicette prétention étoit fondée. II n’y a ici de maximum ou deminimum. , que la raison de C B à B A , ou bien le segment D Ede la tangente au sommet D. Or, en considérant la question decette manière, la règle de Fermât réussit très-bien et donneexactement la tangente.

Descartes eut pu faire une objection plus spécieuse, et àcertains égards mieux fondée, s’il eût voulu plus approfondir leprincipe de la règle de Fermât ; c’étoit en cherchant une courbetelle que celle que représente la íig. 62, et qui a un point derebroussement eh B où la tangente est perpendiculaire à l’axeaulieu de lui être parallèle, ce qui est une sorte de maximum.La règle en question, appliquée à cet exemple de maximum ,ne l’auroit point donné, d’où l’on auroit pu conclure qu’elleétoit vicieuse ; mais Fermât auroit pu répondre que la naturede sa règle étoit de ne donner que les points d’une courbe oùlâ tangente est parallèle à l’axe, et que, loin de réputer cettelimitation comme un défaut, on devoit la regarder comme uneperfection ; enfin, s’il eût été aidé des lumières que nous avonsaujourd’hui, il eut pu le délier d’en donner une qui ne fût sujetteà quelque limitation semblable ou équivalente. Celle du calculdifférentiel a le même défaut , si c en est un , et il paroîtinévitable.

II y a dans les objections de Descartes, contre la méthodedes tangentes de Fermât, quelque chose de plus spécieux; maisce n’est encore au fond qu’une chicane. Fermât, dans l’oxemplede sa méthode, s’étoit servi d’une parabole, et d’une de sespropriétés pour déterminer la tangente. Descartes regardantcet exemple comme général , appliqua la règle à d’autrescourbes , en suivant précisément le même procédé que celuidel’exemple, qui n’étoit applicable qu’à la parabole; et commeelle ne réussissoit pas alors, il prononçoit qu’elle étoit fausse,