148 HISTOIRE
par les vieux géomètres de son temps , fut adoptée par tous lesjeunes , au grand avantage de la géométrie qui en reçut un.accroissement considérable ; de jeunes géomètres firent valoircelle* de Neuton et Leibnitz , et établirent sa supériorité surcelle de Descartes, qui avoit rencontré la môme difficulté àsupplanter celle de Viete, et celle-ci probablement avoit éprouvéun sort semblable.
Schooten ( François ) professeur à Leyde, un des premiersqui ait accueilli la Géométrie de Descartes, s’est rendu recom-mandable par le commentaire qu’il a donné sur cet ouvrage.Descartes avoit écrit en homme de génie , qui ne s’attacnepas à de petits éclaircissemens. 11 avoit même affecté endivers endroits, une sorte d’obscurité par des raisons qu’il dévoiledans une de ses lettres, en sorte que son ouvrage n’étoit rienmoins qu’à portée du commun des géomètres. 11 l’avoit sentilui-même, et par cette raison il approuvoit fort le dessein deM. de Beaune qui avoit travaillé à l’éclaircir par des notes ;mais Schooten entreprit quelque chose de plus étendu ; iltraduisit d’abord l’ouvrage en latin , pour en rendre la con-noissance plus générale, et il le publia ainsi avec son com-mentaire en 1649.'Il en donna, en 1669 , une nouvelle éditionconsidérablement augmentée et suivie de quantité de piècesintéressantes, comme les notes de M. de Beaune, deux lettresde M Hudde sur la réduction des équations et sur les maximaet minima ; une de Van-Heuraet sur la rectification des courbes;les deux traités posthumes de M. de Beaune sur lg nature etles limites des équations ; les Eiémens des courbes de M. deWitt ; on y trouve enfin un traité posthume de lui-même : caril mourut dans le cours de Ti m pression du second volume. II‘estintitulé : de concinnandis aemonstr. geometricis ex calculoaìgebrico.
Le commentaire de Schooten a eu, et avec raison , l’appro-bation générale ; il contient tout ce qui est nécessaire pourl’intelligence de la géométrie de Descartes, sans cette prolixitéfatigante que les commentateurs savent rarement éviter. Onpourroit seulement y désirer quelques éclaircissemens sur la findu second livre où Descartes parle de ses Ovales, ce qui est undes endroits les plus difficiles de sa géométrie. Nous avonsencore un commentaire sur la géométrie de Descartes par leP. Babuel, jésuite : cet ouvrage est excellent; mais, outre qu’ilest venu un peu tard, il nous. semble qu’il est trop surchargétVexemples et d’explications ; sans doute ceux qui ont besoinde tant de développetnens ne sont pas nés pour la géométrie.Les notes que Jacques Bernouili a jointes à sédition de lagéométrie de Descartes, donnée à Francfort en 1696, et qu’il