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Tome second.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liy. III. i83sur les propriétés du mouvement. Cette partie de la physiqueavoit besoin d’une réforme entière ; Galilée la commença , etCe qui lui fait encore plus d’honrieur, dans cet âge même, où dobons esprits ne voient, guères que par les yeux de leurs maîtres.Dans le temps où il étudioit la philosophie à Pise , il étoit déjàsi peu satisfait de la doctrine alors reçue , qu il soutenoit tou-jours des thèses contradictoires à celles de ses maîtres ; et il nefut pas plutôt nommé professeur dans cette université , qu’il sedéclara hautement contre presque tous les points de leur doc-trine. il attaqua d'abord cet axiome prétendu de la physiquepéripatéticienne sur la chute dés corps graves , savoir que lesvitesses étoient.en même raison'que les pesanteurs ; il íit voir,en laissant tomber , du haut d’uu dôme d’église , des corps depesanteur extiêmement inégale, qu’il n’y avoit presque pas dedifférence dans le temps de leurs chutes, lorsque les matièresde ces corps étoient peu différentes en densité. 11 y eut un

f pand concours de monde à cette expérience, qui souleva touses vieux professeurs contre Galilée, de manière qu’il fut obligé,pour cviter leurs mauvaises manoeuvres , d abandonner Pise , etde se retirer à Padoue où on lui offroit une chaire. íl établit dansla suite cette vérité par plusieurs autres expériences (i), entr’autrepar celle des deux pendules de même longueur, et qui quoiquechargés de poids dix fois plus pesa n s l’un que l’autre , ne laissentpas de f lire leurs vibrations à très-peu près dans le même temps.

II y aura sans doute ici bien des lecteurs qui regarderont ce qnenous venons de dire comme un paradoxe des plus. incroyables.11 leur paroîtra de la dernière évidence qu’un corps dix foisaussi pesant qu’un autre devra acquérir dix fois autant de vitesse.11s se trompent cependant, et il est facile de leur montrer l’équi-voque; il seroit bien vrai qu’un corps dix fois plus pesant aiiroitune vitesse dix fois plus grande , si avec cette pesanteur dixfois plus grande il n avoit pas dix fois plus de masse. ìVlais lapesanteur étant proportionnelle à la masse , ce n’estqu’une forcedix fois plus grande employée à mouvoir une masse dans le mêmerapport. La vitesse doit donc être la même ; l’erreur d'Aristoteet de ses sectateurs vient de ce qu’ils ne faisoient aucune atten-tion à cette circonstance.

II y a encore une autre manière plus simple de démontrer cequ’on vient de dire , savoir par un raisonnement que je faisoisautrefois, et que j’ai depuis trouvé dans Galilée. Qu’on laissetomber d’un côté une once de plomb, de l’autre dix séparées etsimplement posées l’une sur l’autre ; sans contredit les vitessesseront ég des des deux côtés. Mais ces dix onces de plomb ne

(i) Duc, et dem, intorno duo nove sciense , S c, Dial. 3,