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Tome second.
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1«4 HISTOIRE

faisant que se toucher, ou formant une même masse, ne sau-roient tomber avec des vitesses différentes ; car on ne sauroitdire que l’ad’hórence de ces dix onces , les unes avec les autres,doive contribuer en aucune manière à les accélérer , puisquede leur nature elles vont toutes avec la môme vitesse, et quepar conséquent les supérieures ne pressent point sur les infé-rieures , ni ne sont entraînées par elles. Ainsi, vouloir quedix livres de plomb tombent plus vite qu’une seule , c’estcomme si l’on vouíoit que dix hommes, qui ont la mêmeaptitude à courir , allassent plus vite courant ensemble , quen’iroit un seul d’eux. Au reste , lorsqu’on dit que tous les corpstombent avec une égale vitesse , cela doit s’entendre qu’ils leferoient sans la résistance du milieu où ils se meuvent. Car ilest évident que l’air ôte bien plus de vitesse aux corps légersqu’aux corps pesans , parce que la masse d’air déplacée a unplus grand rapport avec celle du corps léger qu’avec celle duplus pesant. Mais dans le vide , les chutes de tous les corps lesplus inégaux en pesanteur, comme l’or et la plume, se feroienten même temps ; et c’est ce que confirme l’expérience faite dansla machine pneumatique.

Je me suis un peu étendu sur les raisons de ce paradoxemécanique , parce que j’ai vu des gens d’esprit avoir de lapeine à s’en persuader la vérité. Je reprends le íil des décou-vertes de Galilée , en faisant connoître sa théorie sur l’accélé-ration des graves.

II n’est personne qui n’ait observé qu’un corps qui tombeacquiert d’autant plus de vitesse qu’il s’éloigne davantage ducommencement de sa chute. Un effet si naturel, et que nousavons si souvent devant les yeux, étoit bien digne des réflexionsdes philosophes. Aussi y en avoit-il eu déjà plusieurs avantGalilée , qui avoient tâché de déterminer la loi de cette accé-lération; mais destitués, comme ils l’étoient, des vraies notionsdu mouvement, ils y avoient échoué , ou ils n’avoient proposéque des choses ridicules. II y en avoit eu, par exemple , quiavoient conjecturé que les espaces parcourus en temps égauxcroissoient comme les seginens d une ligne divisée en moyenne etextrême raison , de sorte que l’espace parcouru dans un premiertemps étant comme le petit segment, l’espace qui répondoit ausecond étoit comme le grand, et ainsi de suite continuellement.Cela n’étoit fondé que sur la chimérique perfection qu’on at-tribuoit à cette progression. L’opinion la plus commune , parcequ’elle se présente la première , étoit sans doute que racornis-sement de la vitesse se faisoit proportionnellement à l’espace déjàparcouru ; mais cette opinion , quoique raisonnable en appa-rence , n’est pas moins absurde, connue on le verra bientôt.

Galilée