DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. III. 20 5l’entrée de sa carrière , il fut contraint de laisser ce soin àd’autres.
En effet, Pascal qui , dans le premier traité dont nousavons parlé, avoit employé le principe de l’horreur du yuide ,quoique , dit-il, il eût déjà quelque soupçon de la pesanteur dePair , saisit l’idée de Torricelli, et imagina diverses expériencespour la vérifier. L’une fut de se procurer un vuide au-dessus duréservoir du mercure ; on vit alors la colonne tomber au niveau,mais cela ne lui paroissant pas encore assez puissant pour forcerles préjugés de ! ancien ne philosophie , il fit exécuter par un deses beau-frères ( M. Perler , conseiller à la cour des aides deClermont en Auvergne ), la fameuse expérience de Puy de-Dôme.Sa célébrité me dispense de m’étendre beaucoup sur ce sujet ;tout le monde sait que le correspondant de Pascal trouva quela hauteur du mercure à mi-côte de la montagne étoit moindrede quelques pouces qu’au pied , et encore moindre au sommet,de sorte qu il étoit évident que c’étoit le poids de l’atmosphèrequi contrebalançoit le mercure. Pascal apprit en même tempspar là qu’il pouvoit avoir à Paris la satisfaction de voir rabais-sement du mercure , à mesure qu’il s’élèveroit dans l’atmos-phère. U choisit une des plus hautes tours de cette ville , savoircelle de St. - Jacques de la boucherie , qui est élevée d’environvin^t-cinq toises , et il trouva dans la hauteur du mercure unedifférence de plus de deux lignes. Nous ne croyons pas devoirentrer ici dans le détail de 1 explication de divers phénomènes ,qui sont une suite de la pesanteur de l’air ; outre que cela nousmèneroit trop loin , ils sont si connus de tous ceux qui sontinitiés dans la physique , que ce seroit nous y amuser inutile-ment ; nous nous contentons donc de renvoyer aux livres dephysique expérimentale , qui pour la plupart traitent amplementcette matière.
II ne nous faut pas oublier ici quelques traits de la sagacitéde Descartes , au sujet du phénomène dont n on s venons deparler ; nous avons des preuves que ce philosophe reconnutavant Torricelli la pesanteur de Pair , et son action pour sou-tenir Peau dans les pompes et les tuyaux fermés par un bout.Dans le recueil de ses lettres , il y en a une qui porte la datede farinée ìódi ( 1 ), et où il explique le phénomène de lasuspension du me,cure dans un tuyau fermé par le haut, enl’attribiant au poids de la colonne d’air élevee jusqu'an - delàdes nues; c’est aussi par là qu’il explique dans cette même lettrela pression d'un verre rempli d’air chaud , qu ou renverse surun corps en bouchant bien les avenues de Pair extérieur. Nous
(1) T. III, iett. m, p, 6 oi.