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Tome second.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Liv. IV. 22Ltïons, ceux qui viennent d’un même point de l’objet, si l’oeilest bien conformé, se réunissent fort exactement dans un autre ,et peignent sur la rétine l image de ce point ; ainsi tous les cônesde rayons partis des différons points de l’objet, forment sur larétine son image, et elle est renversée , comme le reconnut enfinKepler , après s’être long temps et vainement tourmenté pourla redresser ( 1 ). On s’assure facilement de tous ces faits parl’expérience ; on prend un oeil d’animal récemment mort, etl’ayant dépouillé par derrière de ses tuniques sans endommagerla rétine , on le présente à l’ouverture de la chambre obscure jon voit tous les objets extérieurs s’y peindre renversés avec unevérité ravissante.

En possession de ces faits , il ne nous sera plus difficile derendre compte de la manière dont nous appercevons les objets :nous ne nous arrêterons point avec la plupart des auteurs à cesimages si ressemblantes qui se peignent sur la rétine ; ce seroitsupposer que lame les y contempleroit comme dans un miroirqui les lui représenteroit , ce qui seroit ridicule et puérile. IIfaut rechercher la cause de la vision dans l’impression quechaque cône de lumière exerce sur le filet nerveux qu’il atteintpar son sommet. On ne doit point s’étonner que la lumière,malgré sa subtilité extrême , puisse faire impression sur lesnerfs, puisque portée à un certain degré de densité elle est capabled’exciter une sensation douloureuse sur les mammelons nerveuxde l’organe du tact. On peut par conséquent supposer dans lesfilamens de la rétine une telle sensibilité , que faction de lalumière puisse les ébranler. L’arue, quelle que soit la nature de sonunion avec le corps, attentive à cet ébranlement, sera affectéed une certaine sensation ,ctreconnoîtra la présence de la lumière,comme elle reconnoît les autres qualités des corps par celui desnerfs destinés aux autres organes. On peut aussi concevoir,et il est probable , qu'elle est avertie dc la différente grandeurdes objets par l’éluiguement des filets de la rétine qui reç «iventles rayons extrêmes ; de l’intensité de la lumière par la vivacitéde l’ébranlement qu’elle excite ; des couleurs par la nature decet ébranlement différent , sans doute , suivant la différence descouleurs ; de la situation des objets par celle des filets qui entransmettent l’impression. La fameuse question , pourquoi lesimages étant peintes renversées sur la rétine , on voit néanmoinsles objets droits , n est, à mon gré , qu’une question puérile ;nous ne jugeons du droit et du renversé que par comparaisonà la position de notre corps , et à la situation accoutumée desobjets. Dès que nous avons commencé à faire usage de nos sens,

(1) Ad Vitellíonsm Paralipornena , &c. pag. 205 , 206.

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