sBo HISTOIRE
Ce que nous venons d’observer entre les planètes principales,s’observe aussi entre les quatre satellites de Jupiter , comme leremarque Kepler , qui en tire une nouvelle preuve de sa décou-verte. On volt eníin cette loi régner entre les cinq satellites deSaturne. Si, comme ces deux planètes nous eussions été avan-tagés de plusieurs lunes, nous aurions sans doute le plaisir dela voir régner entr’elles.
Si nous pouvions nous étendre ici à notre gré , nous nouslivrerions volontiers à donner quelqu’idée de la physique deKepler ; car il ne se borna pas aux faits , il tenta aussi d’enassigner les causes , et presque toujours il fait marcher la phy-sique à côté de l’astronomie. Mais nous ne le dissimulerons'point, cette partie des écrits de Kepler n’est pas la plus bril-lante , et quoiqu’elle décèle l’homme de génie, elle a beaucoupbesoin de l'indulgence des lecteurs. Ceux qui voudront cepen-dant en prendre une idée , sans recourir à ses ouvrages, doiventconsulter les Elémens d’Astronomie du docteur Gregori, où ilsen trouveront un précis très-succinct et très-bien fait.
II y a néanmoins dans la physique de Kepler diverses con-jectures heureuses , et tout-à-fait conformes aux découvertesmodernes. On le volt, dans ses Commentaires sur Mars , soup-çonner que les irrégularités particulières à la lune, sont l’effetdes actions combinées de la terre et du soleil sur elle ( 1 ). II yconjecture que les aphélies des planètes sont tantôt directes ,tantôt rétrogrades , mais qu’étant plus long temps directes querétrogrades à chaque révolution , elles paroissent , après uncertain nombre de révolutions , avoir avancé. Cela se vérifieà l’é^ard de la lune , et il est très-probable que cela arrive auxplanètes qui tournent autour du soleil , quoique la lenteur dumouvement de leurs apsides , ne permette pas de s’en assurer.Ii’attraction universelle de la matière est clairement énoncéedans le mêine ouvrage (i). « La gravité , dit Kepler , n’estu qu’une affection corporelle et mutuelle entre des corps sem-» blables pour se réunir. Les corps graves , ajoute-t-il , ne» tendent point au centre du monde , mais à celui du corps» rond dont ils font partie ; et si la terre n’étoit pas ronde ,» les corps ne tomberoient point perpendiculairement à sa sur-» face. Si la lune et la terre n’étoient pas retenues dans leurs» distances respectives , elles tomberoient l’une sur l’autre , la>» lune faisant environ les ~ du chemin , et la terre le reste,» en les supposant également denses.» Il pense aussi qu’on nedoit attribuer qu’à cette attraction de la lune , le phénomène
du
(1) C. 1 7. Ep't. Astron. Cop. L. IV, (2) Ihid. in Introd
S-5.1-VI.