3i3 HISTOIRE
broeck , ce savant professeur de Leyde , a calculé de nouveautous les triangles de Snellius, d’après les corrections qu’il y avoitfaites , et il y a trouve par ce moyen la grandeur du degré de29510 perches , ou 5yo33 toises , ce qui ne diffère de la mesurede M. Picard que d'une trentaine de toises.
Il n’y avoit pas encore long-temps que Snellius avoit achevésa mesure , lorsque Blaeu en entreprit une semblable. Nousignorons les motifs qui l’y portèrent, l’ouvrage qu’il préparoitsur ce sujet n’ayant jamais vu le jour. Peut-être soupçonnoit-ill’erreur qui s’étoit glissée dans la mesure de Snellius. Quoiqu’il en soit , il est certain qu’après les travaux de M. Picard,et des académiciens qui ont décidé la fameuse question dela ligure de la terre , il ne s’est rien fait de plus exact. Blaeumesura trigonométriquement un très-grand arc du méridien,et détermina la différence de latitude des extrémités, avec unsecteur de douze degrés, portion d’un cercle de quatorze piedsde rayon ( 1 ). Aussi Inexactitude de sa mesure répond elle auxsoins qu’il se donna. C’est le témoignage qu en rend M. Picard( 2 ) : cet exact observateur allant à Uranibourg , et passant pacAmsterdam, y vit le manuscrit de Blaeu entre les mains d’uude ses dèscentlans, et il nous apprend que sa mesure ne dif-férait de la sienne propre que de soixante pieds du Rhin. Cecidoit nous donner une grande idée de la dextérité de Blaeu àobserver , et des attentions qu’il apporta à cette opération.Guillaume Jansen Blaeu, en latin Caesius , qui est le nom qu’ilprend dans ses écrits latins, étoit un disciple de Tyclio. Ils’est fait un nom célèbre par ses travaux géographiques ; ilmourut en i638, âgé de soixante-quinze'ans. Il a eu plusieursdescendans qui ont long-temps soutenu en Hollande, la hauteréputation de ce nom.
Nous trouvons vers le même temps un astronome angloisqui travailla pour la troisième fois à la mesure de la terre ,avec succès (3). Richard Norwood, c’est le noin de cet astro-nome , eut le courage de mesurer la distance de Londres àYorck , c’est-à-dire , plus de soixante lieues, la chaîne à lamain. Voici quelle étoit sa méthode. II mesurait la longueurdes chemins, en conservant autant qu’il pouvoit la même direc-tion : il avoit soin de déterminer en même temps par le moyende la boussole sangle du chemin on de la ligne mesurée avecle méridien , aussi-bien que les angles d’inclinaison à l’horizonà chaque fois qu’il uumtoit ou descendoit j après quoi il rédui-soit les longueurs trouvées au plan horizontal et au méridien.
(1) Vossius , de Scient. Math , p. (2) Voyage d’Uranibovrg.âéj. (3) Seama/i’c Practice.Lond. 165...