DES MATHÉMATIQUES. Fakt. IV. I-iv. V. 333
et semble être l’ouvrage de Rayrrard Ursus Dithmarsus, comme, nous bavons dit ailleurs (i). Longomontanus est Fauteur de diversouvrages mathématiques, entr’autres de VAstronomia Danica ,imprimée pour la première fois en 1621 , et de nouveau en 1640*Les hypothèses qu’il y employé sont proprement celles de Tycho,de sorte qu’on lui a l’obligation de nous avoir transmis les idéesde ce célèbre astronome. Mais c’est-là son principal mérite ; caril montre assez peu de discernement en préférant ces hypothèsesà celles que Kepler avoit déjà établies si solidement ; aussi cetouvrage n’a-t-il pas joui long-temps de quelque réputation parmiles astronomes. Longomontanus , parvenu à un âge avancé , nelit plus que délirer sur la quadrature du cercle , qu’il prétendoitavoir trouvée d’après des analogies presque mystérieuses , etqu’il déíèndoit avec une sorte de fureur contre ceux qui tentoientde le ramener : disons pour son honneur, qu’il étoit tombé dansune espèce d’enfance.
Jean Bayer d’Augsbourg rendit , au commencment de cesiècle, un service signalé à l’astronomie , par l’exécution d’unouvrage important. 11 publia en i6o3 , sous le titre à'Uranome-tria , une description des constellations célestes en plusieursplanches avec leur explication et le catalogue des étoilesqu’elles contiennent. Bayer y désigne chaque étoile par unelettre grecque ou latine , dénomination qui a depuis fait commeloi parmi les astronomes. On trouve seulement à redire danscet ouvrage , (bailleurs digne de l’accueil qu’il reçut, que lesligures y sont à l’envers , comme si étant droites pour ceux quiseroient situés au-dedans du globe céleste , on les voyoit dedehors. La cause de ce défaut est facile à reconnoître pourceux qui sont au fait de la gravure. Bayer ne lit pas attentionqu’une ligure étant gravée sur la planche de cuivre telle qu’elledoit être vue , le côté droit devient le gauche sur le papier oùon l’iinprime ; mais ce défaut n'est pas essentiel , et cela n’em-pêche pas que YUranometrìa de Bayer ne soit encore recherchéepar les astronomes , et qu’ils ne la réputent un livre précieux.
11 y eut quelques années après un compatriote de Bayer quiforma une entreprise singulière, suggérée par Bayer lui même ;il se nommoit Jules Schiller. Ce pieux uranographe, choqué devoir le ciel rempli de personnages et d’objets appartenans à lamythologie , proposa de les changer , et de leur substituer desligures tirées de l’ancien et du nouveau Testament. Ainsi ilplaça les douze apôtres dans le zodiaque ; il tira les constella-tions méridionales de l’ancien Testament, et les septentrionalesdu nouveau. Son livre est intitulé , par cette raison , Cœlum Stel~
(1) Volume précédent , page 66s.