336 HISTOIRE
graphe ancien. Mais , il faut en convenir , nous connoissonstrop peu les détails de l’observation de Pylhéas , pour rien con-clure légitimement de cette comparaison.
Nous ne disons rien ici des services que Peiresc rendit à ton»les autres genres de connoissances ; car tout étoit de son ressort ,histoire naturelle, antiquités , physique, &c. Gassendi a donnéune preuve de sa reconnoissance envers lui , en écrivant sa viefort au long ; on en a fait en françois un abrégé, qui a étépublié à Paris en 176.. ; nous y renvoyons.
Jean-Baptiste Morin , né à Villefranche en Beaujoiois en i 583 ,aiiroit pu être très-utile à i’astronomie, si par un travers d’es-prit déplorable il ne se fut rendu comme le champion de l’as-trologie judiciaire , et l'un des contradicteurs les plus opiniâtresde Copernic et de Galilée , en soutenant avec une sorte d’obsti-nation enragée l’immobilité de la terre. Son livre , intitulé Astro-no’nia jarn à fundamentis intégré et exacte leslìtuta , &c. qu’ilpublia en neuf parties , entre les années i636 et 1640, contientde fort bonnes choses. Ce qu’il dit sur l’équation du temps , qu’ilfait dépendre à la fois, et du mouvement inégal du soleil surson orbite , et de l’obliquité de l'écliptique avec l’équateur, esttout-à-fait juste, il convient cependant qu’en publiant la sep-tième partie de son ouvrage où il traite ce sujet , il avoit com-mencé par se tromper , ce qui donna lieu à Bouillaud de lecensurer vivement et aigrement; car son caractère vain et violentl’avoit brouillé avec tous les hommes de son temps. Bouillaudse livra même à des injures indécentes contre lui dans son Astro-nomia philolaïca ; mais Morin fait voir qu’avtrli de son erreur,il avoit refondu cette septième partie , et en avoit fait une édi-tion toute nouvelle , qu’il avoit envoyé à divers savans , pourêtre substituée à la première , ce que Bouillaud ne de voltignorer en 1640.
La méthode de Morin pour observer les longitudes en merest foncièrement bonne ; il se trompoit seulement en ce qu’il sup-posoit que la théorie de la lune étoit facile à perfectionner. Iln’étoit ni assez, observateur pour connoître ses anomalies mul-tipliées , et encore moins assez géomètre et physicien pour lessoumettre au calcul.
Trois querelles terribles , l’une sur les longitudes r où il avoità demi-raison ; celle sur le mouvement de la terre , où il avoittort, et celle sur l’astrologie judiciaire, où il avoit plus que tort,occupèrent en quelque sorte tous les rnomens de sa vie. On aparlé des deux dernières , et l’on parlera quelque part ailleursavec certaine étendue de la première. 11 suffira ici de dire queMorin, condamné par le comité établi à l’Arsenal pour jugersa découverte , ne cessa dc crier à l’in justice, et publia facturas
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