338 HISTOIRE
Mais en voilà assez sur Morin, clont on peut déplorer avecjustice que le talent ait été détourné et éclipsé par ses follesvisions sur l’astrològie , par sa passion contre le système deCopernic et contre ses défenseurs qu'il ne cessa de harceleravec un ton insultant ; mais ils le lui rendirent bien, et versèrentsur lui à grands îlots la coupe d u ridicule.
M. Bouillaud tient un rang distingué parmi les astronomes etles mathématiciens d u dix-septième siècle ; il étoit né à Loudnnen i 6 o 5 . 11 voyagea dans sa jeunesse, et étant verni à Paris,il y publia plusieurs ouvrages , comme son Traité de JSaturalucis (i 638 ), qui est de mauvaise physique ; son Philoiaûs ouDissertatio de ver o systemate mundi ( 1689 ) ; son AstronomictPhilolaìca , in-fol. , dont nous parlons dans cet article. On aencore de lui les écrits suivans : Calculus duarum EcL annì1602 , in~ |°. ; Exercit. Géom. de inscr. et cìrcumscr. figurìs ,conicìs sec t. ct prismatibus , x 6 Sj, in-Zp. ; De lineis spirali-bus , 1 65 j , . ; Astr. Phil. jundamcnta clarihs asscrta y
1607, in- 4 °"> Adastrori. monita duo , &c. 1 667, in/f. ; Opusnovunt de Arìth. infinit. lib. VI compreh ., in-f. r 683 . M. Bouil-laud mourut en 1694 à l’Oratoire , dont ilavoit embrassé l’institut.
L,’ Astronomie. Philoldìca de M. Bouillaud parut en 16 45 ; c’estun ouvrage dans lequel il prétend représenter les mouvemenscélestes par une nouvelle hypothèse. II admet les ellipses deKepler , mais il n’approuve pas sa manière d’y faire mouvoirses planètes ; M. Bouillaud imagine son ellipse adaptée dans uncône oblique , de sorte que l’axe de ce cône passe par le foyerqui n'est pas occupé par le soleil ; ensuite il conçoit que la pla-nète se meut dans cette ellipse, de manière qu’en temps égauxelle décrive des angles égaux, non à l’égard de ce foyer, maisautour de Taxe du cône. C’est-là l’hypothèse qu'il donne pourphysique, par où il paroît qu’il étoit peu physicien ; car tout auplus l’auroit-il pu donner comme mathématique, si elle eût re-présenté parfaitement les mouvemens célestes , puisqu’il n’as-signe aucune cause, aucun moyen naturel et mécanique propreà engendrer ce mouvement. Il y a encore cela de remarquabledans le procédé de Bouillaud, que ses Tables ne sont point cons-truites sur cette hypothèse. 11 imagine bientôt après une ma-nière de décrire l’ellipse parla combinaison de deux mouvemens,celui d’un épicycle sur son déférent excentrique , et celui del’astre sur cet épicycle , en sens contraire et avec un mouve-ment angulaire double de celui du centre de l’épicycle. Ainsi lacritique qu’en fit le docteur Seth-Ward d’Oxford est légitime (1),et Bouillaud fait de vains efforts pour se justifier. Nous n’entre-
(1) Inquisitio in lsm. Bullialdi Astr. 1653 , in- 4 0 . Oxoru