DES MATHÉMATIQUES. Part. IV. Lxv. VI. 3 Stles recherches d’optique et de géométrie mixte qui y sont ré-pandues , soit par cette nouvelle théorie , qui en est l’objetprincipal. II mettoit err ordre dans le même temps son traitéintitulé : Méthode des Fluxions , se proposant de le publierincessamment avec le précédent. Mais les objections précipitéesqui lui vinrent de divers côtés contre ses découvertes optiques ,sitot qu’il en eut publié le précis dans les Transactions , ledétournèrent de son dessein. Plus flatté de la tranquillité quede la gloire , il les supprima l’un et l’autre. Des découvertessans nombre et divers écrits sont l’ouvrage de ce temps où ilprofessoit les mathématiques à Cambridge , entr’autres sesPrincipes Mathématiques de la Philosophie naturelle , celivre immortel qui fera à jamais l’admiration de tous les siècleséclairés. On en rendra ailleurs un compte si étendu, que pourne point nous répéter inutilement, nous nous bornerons ici àcet éloge , encore trop foible expression de i’estime due à cettesublime production de l'esprit humain.
Un mérite tel que celui de Neuton étoit digne d’un autrethéâtre que celui où nous l’avons vu jusqu'ici. On le sentiten i6i)6. Milord Montagne , comte d’Halifax , lui procura laplace de directeur des monnoies de Londres ; Neuton la rempliten homme de génie , et fit dans certaines circonstances diffi-ciles , des opérations également savantes et utiles. £n 170 5 , ilfut créé chevalier par la reine Anne. La princesse de Galles ,depuis la reine Caroline., épouse de Georges 1 er ., lui fit souventl’honneur de s’entretenir avec lui sur des sujets philosophiques»comme elle avoit fait avec Leibnitz , pendant son séjour àHanovre.
Neuton jouit d’une santé heureuse jusqu’à près de quatre-vingts ans : elle commença alors à s’affoiblir , et au commen-cement de 1727 , il fut attaqué de la pierre. II montra danscette circonstance autant de fermeté qu’il avoit déployé de sa-gacité durant le cours de sa vie. Au milieu des cruels accèsqui terminèrent ses jours , on ne le vit jamais proférer nueplainte j et si les gouttes d’eau qui couloient le long de soufront n’eussent été des marques de la violente douleur qu’iléprouvoit intérieurement, on l’eut cru dans un état tranquille,11 mourut enfin le 20 mars 1727 ( vieux style ) , âgé de quatre-vingt-quatre ans et trois mois. La Grande-Bretagne crut devoirmontrer qu’elle étoit sensible à l’honneur d’avoir produit unhomme si supérieur. Son corps fut transféré à l’abbaye deWestminster , et déposé sur un lit de parade. II fut conduitdelà au lieu destiné pour sa sépulture , avec une suite nom-breuse des plus grands seigneurs. Le grand chancelier d’An-£ ete T, e , les ducs de Montrose et de Éoxbury, les comtes dePonte II. Z 2