/
368 HISTOIRE
qui mérite bien cl’ëtre mis en contraste avec la confiance de cesécrivains que nous voyons si souvent écrire sur des matièresavant que de les avoir étudiées.
Neuton vint alors à être connu du docteur Barrow ; ce savantgéomètre sentit aussitôt tout le prix de cet homme extraordi-naire : il l’exhorta à ne pas enfouir davantage tant de trésors ,et il le détermina à lui permettre d’envoyer à un de ses amisdé Londres , un écrit qui étoit le précis sommaire de quelques-unes de ces découvertes. Cet écrit est celui qui a paru depuissous le titre de Analysis per aequationes numéro termìnoruminjinitas. Outre l’extraction des racines de toutes les équations ,et la méthode de réduire les expressions fractionnaires ou irra-tionnelles en Suite infinie , il contient supplication de toutesces inventions à la quadrature et à la rectification des courbes,avec diverses Suites pour le cercle et l’hyperbole. On y trouveaussi la méthode du retour des Suites , c’est— à-dire , la manièrede dégager l’indéterminée qui entre dans tous les termes d uneSuite , et d’en trouver la valeur par une autre , qui ne contientque des quantités connues , ou bien la manière de revenir àl’abscisse ou à l’ordonnée , ayant une Suite qui exprime Taire ,ou l’arc par cette abscisse , ou cette ordonnée. Neuton ne s’yborne pas aux courbes géométriques , il donne quelquesexemples de quadratures de courbes mécaniques ; il y parled une méthode des tangentes dont il étoit en possession , mé-thode qui n’étoit point arrêtée par les irrationnalités , et quis’appliqnoit aussi-bien aux courbes mécaniques qu’aux géomé-triques. On y voit enfin le principe des Fluxions et des Fluentesassez clairement expliqué et démontré , de sorte qu’il est incon-testable que Neuton étoit dès-lors en possession de cet admi-rable calcul. Car les éditeurs de cet écrit, dans le Connn. Fpis-tolicurn , nous attestent qu’il a été fidèlement publié d’après lacopie que Collins en avoit tirée sur le manuscrit envoyé parBarrow. Ce qui n’est présenté que sommairement et avec uneprécision extrême dans cet écrit, Neuton sollicité par Barrow ,travailla bientôt après à l’éteudre davantage ; ce qui donna lieuà l’ouvrage intitulé Methodus Fluxionum , et Serierum injì/ii-tarum. II avoit dessein de le faire imprimer à la suite d’unetraduction de l’Algèbre hollandoise de Kinckuysen , qu’il avoitenrichie de ses notes. Mais à la vue des chicanes qu’ii com-mença d’essuyer à l’occasion de ses découvertes sur la lumière,il prit le parti de le supprimer , ainsi que ce qu’il proposoit d’im-pnmer sur l’Optique ; ce sont-là les causes pour lesquelles cetexcellent Traité a été si long-temps enseveli dans l’oubli par sonauteur , au grand détriment de la Géométrie.
y..