4'3o HISTOIRE
au bout d’un long filet , pour en former un pendule , et qu’orcdemande quel sera son centre d’oscillation ; il n’y aura qu’àfaire cette analogie ; comme la longueur de ce íilet est au rayonde la sphère , ainsi les f du rayon , à une quatrième proportion-nelle ; ce sera la quantité dont le centre d’oscillation sera au-dessous du centre de figure. Par conséquent lorsqu'on connoîtrale diamètre de la sphère qu’on veut mettre en vibration, et lalongueur précise que doit avoir un pendule pour battre, parexemple, les secondes , il sera facile de trouver la distance ducentre de la sphère au point de suspension ; ou au contraireayant la distance du centre de la sphère mise en vibration , etbattant les secondes , on connoîtra facilement la longueur pré-cise du pendule simple et mathématique , qui exécute ses vibra-tions dans une seconde.
Quoique les découvertes de M. Huygens sur les centres d’os-cillation soient très - conformes à la vérité , il faut cependantconvenir qu'elles portent sur un principe qui, du premier abord,ne présente pas cette évidence qui arrache le consentement. IIest vrai que plus on y réfléchit, et mieux on connoît les loixque la nature suit dans la communication du mouvement , pluson le trouve raisonnable- et digne d’être admis. Mais enfin l’onpeut dire qu’il n’est pas démontré en toute rigueur , de sortequ’il prête matière à la contradiction ; aussi en essuya-1 il quel-ques-unes d’un géomètre contemporain, que je vois dans quel-ques endroits décorer du titre d’habile. Je ne sais sur quelfondement ; car cette querelle ne me paroît rien moins quepropre à le lui confirmer ; le récit suivant va mettre à portéed’en juger.
II y avoit environ neuf ans que l’ouvrage d’Huygens jouissoitde l’approbation générale des habiles gens , lorsque l’abbé deCatelan s’avisa de l’attaquer. II accusa, de fausseté sa propositionfondamentale , savoir que si dans un pendule les poids à la find’une demi-vibration , par exemple , se détachoient et remon-toient en haut avec leurs vitesses acquises , leur centre de gra-vité s’éleveroit à la même hauteur d’où il étoit tombé. II pré-tendoit même qu’il y avoit impossibilité analytique dans ce prin-cipe , d’où il concluoit que le Traité de M. Huygens , bâti surerreur , ne pouvoit être qu’une erreur continuelle.
Après avoir ainsi ruiné à son avis de fond en comble la théo-rie d’Huygens , l’abbé de Catelan prétendoit édifier à son tour ,c’est-à-dire , assigner le centre d’osciilation par une méthodeplus certaine. Mais à son seul début , on volt, pour peu qu’onsoit instruit de la nature du problème , qu’il va se tromper ;car ce problème lui paroît peu difficile , et en effet moyennantdeux faux principes qu’il propose avec autant de confiance que