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remarque fine et propre à confirmer ce que nous avons ditailleurs sur les découvertes qu’il eût été capable de faire, si ,moins ambitieux , il se fût contenté d’approfondir différentesparties isolées de la Physique. Un des mécaniciens dont nousparlons avoit avancé qu’un corps tombant dans un milieu résis-tant n’accéléreroit son mouvement que jusqu’à un certain point,après quoi il tomberoit avec une vitesse uniforme. II y a danscette proposition du vrai et du faux, et Descartes le démêlatrès-bien. II montra qu’il y avoit, à la vérité, un certain degréde vitesse au-delà duquel le mobile ne passeroit jamais, maisqu’il resteroit un temps infini à l’acquérir. Ainsi ce corps accé-lérera toujours son mouvement, quoique par degrés de plusen plus insensibles. Cette doctrine est conforme à celle desgéomètres qui ont depuis traité la même théorie.
C'es t à Neuton et Wallis qu’on doit les premières recherchesapprofondies sur la résistance des milieux au mouvement. Neutonpublia le premier ses recherches sur ce sujet, dans ses Principesmathématiques de la Philosophie naturelle. 11 y emploie presquetout le second livre , et il l'y traite avec cette profondeur quicaractérise tous ses écrits. L’ouvrage de Neuton excita Wallis,qui avoit considéré de son côté le même sujet, à publier sesréflexions. II les communiqua à la société royale, et elles furentinsérées dans les Transactions de 1687. La matière n’est pasautant approfondie dans cet écrit que dans les Principes. Wallisn'embrasse que l’hypothèse la plus simple , savoir celle de larésistance en raison des vitesses. Mais ce qu’il dit ne laisse pasde faire honneur à sa sagacité. Peu après que le livre de Neutoneut paru , Leibnitz , sur l’extrait qu’il en vit dans les Actes deLeipsick , se rappella, dit-il, d’anciennes idées qu’il avoit euessur ce sujet, et qu’il avoit déjà exposées douze ans auparavantà l’acadétriie royale des sciences de Paris. 11 en forma un écritqu’il inséra dams ces Actes . Huygens enfin exposa aussi à samanière , c’est-à-dire avec une élégance remarquable , quelquestraits de cette théorie à la fin de son Traité de la pesanteur ,qui parut en 16 ijo. Tout ce que ces auteurs a voient démontré,ou avancé sans preuve , a ensuite été traité à l’aide des calculsmodernes , par M. Van'gnon , dans une suite de Mémoires im-primés parmi ceux de I’académie , des années 1707 , 1708 ,1709 et 1710. Ce sont d’excellens morceaux, auxquels on pour-roit néanmoins reprocher une prolixité fatiguante et assezsuperflue.
On doit considérer dans les fluides deux sortes de résis-tance, i’une que nous nommerons respective avec Leibnitz ,l'autre que nous appellerons absolue. La première est l’effetde rinertie des parties dont le fluide est composé. Le corps
qui