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ses mains qu’une hypothèse purement astronomique, et qu’ilne soupçonnoit en aucune manière que ce fussent des planètescirconsolaires d une espece particulière. La découverte deTycho fut confirmée par les observations et le suffrage dedivers astronomes de son temps, tels que Mœstlin, Rothrtian ,le landgrave de Hesse , &c. &c. Au commencement du dix-septième siècle elle reçut un nouveau jour des observationsde Galilée , de Snellius, de Kepler , et de divers autres. Cefut bientôt une doctrine admise et enseignée par tous les astro-nomes de quelque poids et de quelque capacité ; et les oppo-sitions qu’y mirent de serviles Péripatéticiens , tels qu’un Clara-rnonti , un Bérigard , Liceti , et quelques autres, ne firent quemettre dans un grand jour leur ignorance, ou leur obstinationà fermer les yeux à la vérité.
Les astronomes étant une fois détrompés sur la place qu’ilsdévoient assigner aux comètes, il étoit tout à fait naturel qu’ilsessayassent de soumettre leurs mouvemens au calcul. Tycho etMœstlin en avoient donné l’exemple ; il fut suivi par Kepler.Cet astronome fameux crut pouvoir représenter ces mouvemensen supposant qu’ils se fissent dans des lignes droites; il ne putcependant se dissimuler que si les comètes décrivoient des lignesdroites , ce n’étoit pas d’un mouvement égal et uniforme. Celaeut dû lui inspirer l’idée que cette trajectoire étoit curviligne ;mais ne voulant pas renoncer à la ligne droite , il fut contraintd’admettre dans les comètes une accélération et une retarda-tion réelle. Kepler enfin , cet homme si clairvoyant, et douéd’un génie si propre à saisir du premier coup tout ce qui don-noit à l’urivers plus de magnificence , d’ordre et d’harmonie ,ne fut guère plus éclairé que le vulgaire sur la nature de cesastres. Au lieu de soupçonner ce que nous avons aujourd’huitant de raison de tenir pour assuré, il se borna à les regardercomme de nouvelles productions qui , semblables aux poissonsde l’Océan , ne servoient qu’à remplir í’immensité de l’œther (1).
L’hypothèse qui fait mouvoir les comètes dans des lignesdroites, a été pendant long temps l’hypothèse favorite de biendes astronomes. Les éphémérides que Auzout donna au com-mencement de i665 , pour la comète qui paroissoit alors ,étoient calculées sur ce même principe ; et comme elles Rac-cordèrent d’assez près avec les observations , elles étonnèrentbeaucoup les astronomes ; mais c’est surtout de M. Cassini quecette hypothèse tire sa célébrité. II en fit le premier essai sur lacomète qui parut en i 652, et il continua â l’appliquer à toutesJes autres avec assez de succès pour persuader à bien des gens
<i) De Cornet, lib. 3.