582 HISTOIRE
décisives, à cause de la difficulté d’apercevoir la courbure âscette ligne ; il prétend même que l’expérience ci-dessus étantfaite avec l’attention convenable , n’est rien moins que favo-rable au principe. Si l’on plonge, dit-il, perpendiculairementdans l’eau un filet éclatant, dont partie soit au-dessus de la sur-face et partie au-dessous, et qu’on regarde obliquement, onverra l’iinage de la partie plongée dans l’eau, se détacher sensi-blement de celle de la partie extérieure , qui est, suivant lesrègles de la catoptrique , dans la perpendiculaire. Ainsi , il n’estpoint vrai que dans la réfraction , i'image de l’objet paroisse dansle concours du rayon rompu prolongé et de la perpendiculaire ;et il faut en juger de même dans le cas de la réflexion.
Barrow chercha donc un autre principe plus solide que le pré-cédent , et il crut l'avoir trouvé. 11 prétendit que chaque point del’objet paroît dans le concours , ou la pointe du faisceau desrayons qui entre dans l’ouverture de la prunelle. Ce sentiment,s’il n’est pas véritable, est du moins très-raisonnable. En effet,mous ne jugeons du lieu d’un objet, que par la sensation queproduit sur notre œil l’inclinaison plus ou moins grande ; l’œil,par un mouvement naturel, doit s’alonger ou s’aplatir pour aper-cevoir l’objet distinctement. II paroît donc qu’on doit regarder lesommet de chacun de ces pinceaux comme le lieu apparent dechaque point de l’objet, et toutes les fois que ces rayons, con-traints par une réflexion ou une réfraction, tomberont sur un œilavec une divergence particulière, l’œil jugera le point d’où ilsviennent, au sommet du cône formé par ces rayons prolongés.
Conséquemment, à ce principe, Barrow rechercha dans quelpoint concourent les rayons, infiniment voisins sortis de chaquepoint de l’objet, et qui, après une réfraction ou une réflexion ,vous tombent dans l’œil ; et il trouva que si la surface réfringentee§t une surface plane, et que la réfraction se fasse d’un milieuplus dense dans un plus rare, ce concours est toujours,à l’égardde l’œil, en-deçà de la perpendiculaire d’incidence. Dans unmiroir convexe, il en est de même , c’est-à-dire, que le con-cours des rayons infiniment proches , est en-deçà de cette per-pendiculaire ; si le miroir est plan, ce concours est dans la per-pendiculaire ; enfin , il est au-delà, si le miroir est concave. Bar-row détermine aussi, d’après ces principes , quelle forme prendl image d une ligne droite présentée de différentes manières àun miroir sphérique, ou vue au travers d’un milieu réfringent ,sur quoi iì donne diverses déterminations géométriques curieuseset élégantes.
On volt par ce que nous venons de dire , que le docteur Barrowtoucha de fort près à la^découverte des caustiques ; car ces cour-bes ne sont autre chose que la suite de toutes les images du même