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Tome troisieme.
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DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liy. II. 583

point, vu par réflexion ou par réfraction de toutes les placesdifférentes que ì’œil peut occuper : il est même surprenant que cegéomètre porté, comme ilétoit,d’un goût décidé vers tout cequi rapprochoit de la géométrie pure, n’ait pas recherché le lieuou la courbe de tous ces points : il se pourroit bien que cet endroitdes leçons de Barrow eût donné lieu à Tschirnhausen de s’oc-cuper de cette considération.

Quelque vraisemblable que soit le principe ci-dessus, la can-deur de Barrow ne lui permit pas de taire une expérience d’oùnaît une objection à laquelle il convient lui-inême ne savoir querépondre : la voici. Qu’on place un objet au-delà du foyer d’unverre, et qu’on applique d’abord l’œil tout contre ce verre, onverra confusément, mais il paraîtra à-peu-près dans sa place ;qu’on éloigne ensuite l’œil du verre, la confusion augmen-tera et l’objet semblera approcher ; eníxn , lorsque l’œil serafort près du point de concours , la confusion sera extrême,et l’objet paroîtra tout contre l’œil. Or, dans cette expérience ,l’œil ne reçoit que des rayons convergens, et par conséquentdont le concours, loin d’être au-devant, est derrière lui. Cepen-dant il aperçoit l’objet au devant, et il juge , sinon distinctement,du moins confusément de sa distance, ce qui ne paroît rienmoins que facile à concilier avec le principe dont nous parlons.

Après avoir beaucoup réfléchi sur cette difficulté , Montuclaavoit imaginé une réponse qu’il a trouvée en lisant l’optique dudocteur Smith , avoit été faite par le docteur Berckley, évêquede Cloyne, dans son Essai sar une nouvelle théorie de la1 vision . ( Optique de Smith). Lorsque l’œil reçoit des rayonsconvergens, alors les pinceaux des rayons rompus par les hu-meurs de l’œil, qui devroient être rencontrés par la rétine, pré-cisément à leur sommet, le sont après ce point de réunion; etc’est la ce qui produit la confusion , chaque point de l’objet ayantalors pour image, non un point, mais un petit cercle. Or, ceteffet est le même que si ces rayons, venus de l'objet, étant tropdivergens, les pinceaux formés dans l’œil eussent été rencontréspar la rétine avant leur sommet : cependant, dans ce derniercas, on ne laisse pas de juger de la distance. On doit donc lefaire de même dans le premier cas, quoique les rayons, loin dqdiverger d’un point placé au-devant de l’œil, convergent versun point au-delà ; car ìà où l’impression sur l’organe est la même,le jugement doit être le même.

Voilà, en substance, le raisonnement du docteur Berckley jmais il y a une difficulté que fait Smith, c’est que si cette réponseçtoit suffisante, dans l’expérience de Barrow , l’objet devoir tou-jours paroître à une distance de l’œil, moindre que celle à laquelleon commence à voir les objets distinctement. Cependant cela