DES MATHÉMATIQUES. Pakt.V. Li\. III. 709
soit par le frottement du lit. Cette loi deyoit être la clef de l’hy-draulique.
Par la fécondité de ce principe dans les différentes applica-tions qu’on en peut faire à la pratique et à la solution de quan-tité de problèmes, du Buat se persuada que le mouvement del’eau dans un tuyau de conduite avoit une grande analogie avecle cours uniforme d’un lit de rivière ; puisque , de part et d’autre ,la pesanteur étoit le moteur, et la résistance du lit le modérateur.II se servit donc, pour faire une formule du mouvement uni-forme, des expériences du cit. Bossut, sur les tuyaux de con-duite, et même de celles qu’il avoir faites sur des canaux fac-tices , quoicju’il y manquât une donnée , qui étoit la profondeurdu courant. C’est ainsi qu’il composa l’ouvrage qu’il donna aupublic sous le titre de principes d’hydraulique, en P année 1779,pour la première fois.
II sentoit bien néanmoins qu’une théorie aussi nouvelle , et quiconduisoit à des résultats tout-à-fait différens de la théorie ordi-naire , avoít besoin d’être appuyée sur de nouvelles expériencespins directes que les anciennes, ou d’un genre tout-à-fait dif-férent ; car il avoit été obligé de supposer que le frottement dePeau ne dépendoit point de sa pression, mais uniquement de lasurface frottée et du quarré de la vitesse.
En conséquence, il s’occupa de ces nouvelles expériences de1780 à 1788: elles dévoient être le complément de celles qu’onavoit faites jusqu’alors, sur-toutpar rapport au mouvement uni-forme. Or, on en manquoit principalement pour les cas extrêmesdes lits très-petits et des lits d’une grandeur approchante de ceuxdes rivières.
Le cit. Bossut n’avoit donné, dans son Hydraulique, que despentes médiocres à ses tuyaux de conduite 5 on manquoit d’ob-servations sur les plus grandes pentes et sur les très-petites : duBuat s’appliqua à suppléer, autant qu’il étoit possible, à cequ’on n’avoit pas fait, sans négliger néanmoins de répéter plu-sieurs expériences qui avoient une relation plus rapprochée aveccelles qui étoient déjà faites, afin de varier par-là l’exactitude desunes et des autres, et surtout la précision de ses procédés. Ainsi,il employa des pentes depuis la plus grande de toutes , qui estla verticale, jusqu’à un quarante millième, et il soumit à l’expé-rience des lits, depuis une ligne et demie de diamètre, jusqu’àsept ou huit toises quarráes de surface. -
Les expériences qui lui ont donné plus de peine sont celles où
a employé un canal factice , qui avoit la forme d’un trapèze oud un rectangle, selon la manière dont on assembloit les madriersqui le composoient. 11 éprouva de grandes difficultés à rendreuniforme le cours de l’eau dans ce canal, dont la longueur étoit