DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. IV. 75gceaux d’Euler ne sont pas faits pour être lus par des mécani-ciens ordinaires. Semblable à l’aigle qui, après avoir planequelque temps à la surface de la terre , prend bientôt son essordans les espaces éthérés , et se dérobe aux vues ordinaires ,de même Euler, après quelques paragraphes occupés à expli-quer l’état de la question et les principes qu'il va employer, sejette dans la géométrie la plus relevée , et cesse alors de pouvoirêtre suivi par les artistes.
On parla beaucoup à Paris, en 1766, d'une pompe extraor-dinaire qui avoit été trouvée à Se'ville, et dont Lecat fit l’expé-rience à Rouen ; elle élève l’eau à une hauteur quelconque,mais elle exige qu T on ouvre au- dessous de la colonne qui monte«n petit trou par où l’air puisse entrer pour chasser cette co-lonne. Cette mécanique produit nécessairement des interrup-tions. Bélenger, orfèvre, Place Dauphine, en a trouvé une quifait un jet sans interruption à 55 pieds au-dessus du réservoir,par le moyen d’un petit trou de demi-ligne, pratiqué un peuau-dessus du réservoir.
La pompe de Bélenger peut produire plus d'eau que celle duferblantier de Séville, où l’on est obligé d’ouvrir et fermer alter-nativement le trou. Dans celle de Bélenger le petit trou d’unedemi-ligne est toujours ouvert ; il admet un peu d’air, et cetair se mêlant à la colonne d'eau l’entrecoupe et la divise demanière à donner à une colonne de 55 pieds la même légéretéqu’à une colonne d’eau de 32 pieds ; ce fait parut intéressant etnouveau , quoique son explication fût une suite très-naturelledes principes connus; an reste cette pompe ne fournit pas lasixième partie de l’eau que donneroit une pompe faite sur laméthode ordinaire, et par conséquent ne sera jamais d’une biengrande utilité,
V. -
Des Machines à feu.
La machine a feu est un des chef-d’ceuvres de l'esprit humain.On dit que Gerbert employa la vapeur de l’eau bouillante pourfaire rendre des sons à un automate; mais le marquis dé Wor-cester fut le premier qui parla de l’usage important qu’on peutfaire de l’eau réduite en vapeurs ; ce fut dans un ouvrage publiéen i663, et dont nous parlerons article XV. II s’expliquoit d'unsmanière positive sur l'effort dont est capable la vapeur. Voicila traduction du n°. 68 de son ouvrage : « Une manière admi-rable, et la plus propre à élever l’eau par le feu , n 'est pas dela tirer ou raire évaporer par le haut, pafee que, comme ditle philosophe , cela ne peut être que intra sp liera /n activitatis ,