DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. IV. 779
L’abbé Demandre imagina ensuite une pédale musculaire,au moyen de laquelle il espéroit que l’fiomme feroit un meilleurusage de ses forces, en les employant pour faire tourner lesarbres des roues servant aux divers travaux des arts : il s’estservi de cette pédale sur des bateaux pour faire tourner lesroues à aubes qui servoient à les remonter en s’appuyant surle courant. L’auteur fit plusieurs essais de ce moyen sur la Seine ;il fatigua beaucoup l’Acadérnie et le gouvernement, mais Van-dermonde, Molard et autres mécaniciens, ne pensèrent pointqu’en employant les pieds et les mains du travailleur . on.P ut gagner pour la force utile, parce que la fatigue devientplus grande en employant les muscles des bras et des cuisses ;si l’on dépense de deux manières , on perd. Molard et Vander-nionde l’ont désaprouvée ; cependant il a eu un dédommagementdu Corps Législatif.
La meilleure manière d’employer la force de l'bomme estd'être assis , que la force du jarret soit employée sur un étrier,et des bricoles aux épaules sur lesquelles il se renverse; par là,on pourroit employer des hommes qui auroient perdu les deuxbras et une jambe.
On a proposé plusieurs fois de remonter les bateaux avecla Pompe à feu; le cit. Jouffroy d’Abban fit à Lyon, il y a"vingt ans, l’essai d’un bateau considérable remontant la Saône,ìe i 5 juillet 178^, depuis Vaise jusqu’à file Barbe, dont il ya procès-verbal par devant notaire.
L’abbé d’Arnal, chanoine d’Alais, présenta aussi à l’Académie,en 1780, un procédé pareil dont l’expérience fut faite en petit.
Le cit. Cugnot fit faire pour l’Arsenal un charriot pour voi-turer des canons, et qui alloit également par la machine à feu ;le modèle est au Conservatoire.
Thilorier proposa en 1796 d’employer un bateau descendant,ou radeau de 40 pieds qui se gouvernoit à l’aide de trois treuilsadaptés à une barquette qui coupoit le courant sous sangleconvenable , et présentoit une vanne au courant. On en fit l’expé-rience. II y avoit une poulie au Pont-Neuf sur laquelle passoitn ne longue corde à laquelle tenoient le bateau qu’il vouloit re-monter, et le bateau remonteur qu’il présentoit obliquementau courant; l’inclinaison de la vanne donnoit le moyen d’aug-menter la force , et cela pouvoit remplacer les chevaux de renfortaux passages des ponts et pertuis.
Grollier de Servière avoit proposé quelque chose de semblable •,on trouve le détail de son procédé avec la figure , dans le Journaldes yírts, d’après son Recueil, imprimé en 1709; et Thilo-rier a répondu dans le même journal pour prouver la supé-riorité de sa machine sur celle de Grollier.
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