102 HISTOIRE
culer un grand nombre d éclipsés observées depuis cinquanteans , il en calcula lui-même plusieurs. Pingré et Duséjour sui-virent l’exemple ; Triesneker , à Vienne, en a calculé prodi-gieusement : aujourd’hui , l’on n’observe jamais d’éclipses desoleil ou d’étoiles, qu’on n’en donne le résultat, et c’est l’affaircde deux heures de calcul.
Quand on a trouvé le temps vrai de la conjonction vraie parl’observation faite en deux lieux différens, la différence destemps est nécessairement celle des longitudes. Tel est l’esprit dela méthode aujourd’hui si utile, qu’on peut la regarder commeune époque dans l’astronomie du dix-huitième siècle. On latrouvera détaillée dans l’astronomie du citoyen de la Lande,où elle est accompagnée d’exemples propres à l’éclairer complète-ment , et par différens procédés.
Nous avons parlé, en traitant des éclipses, de la méthodeanalytique de Duséjour, pour le calcul de ces phénomènes. Nousne devons pas omettre , et il est aisé de le sentir , que cetteméthode est également applicable à la détermination des longi-tudes ; car , puisque d’après la longitude et la latitude d’un lieu,on détermine analytiqnement le commencement, le milieu etla íin d’une éclipse solaire pour ce lieu ; il est évident que lalongitude étant dans ce calcul l’inconnue , et les autres élémensétant donnés par l’observation , et les tables , on doit en tiperla longitude, et la conjonction.
II en est de même de l’occultation des íixes par la lune.D’après l’analyse de Duséjour , on peut, connoissant la Ion-,gitude et la latitude d’un lieu, et la position d’une étoile , dé-terminer par une équation , le temps auquel arrivera le com-mencement , le milieu et la íin de l’occultation; ayant donc parl’observation ces momens ou l’un deux , on détermine la lon-gitude du lieu. Ses mémoires et son livre font un Traité com-plet d’Astronomie analytique ; mais il n’est donné qu’à unpetit nombre d’astronomes de suivre son auteur à travers lessentiers difficiles qu’il s’est ouvert, et d’ailleurs ses méthodes,à force d’être générales, sont peut-être un peu longues.
X I.
Des passages de Mercure et de Vénus sur le Soleil.
Les passages des deux planètes inférieures eur le disque dusoleil, sont des phénomènes dont le spectacle etoit réservé àl’astronomie moderne. Car il étoit nécessaire pour cela, quel’on fût en possession d’un instrument tel que le télescope, qui