DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. V. io 9
les observations du cap et de Rodrigue , mais l’une donnoitb" -t- pour la parallaxe du soleil, et l’autre donnoit 10" 2.
Telle étoit la différence entre l’observation de Pingre et cellede Mason. Celui-ci étoit connu pour un excellent observateur ;il avoit été pendant plusieurs années attaché à l’observatoireroyal d'Angleterre, sous les yeux de Bradley , l’on ne pouvoittonner aucun soupçon sur son habileté dans les observations,et la longitude du cap étoit parfaitement connue.
Aussi Pingre avouoit cju’il avoit été fortement tenté d’aban-donner sa propre observation , en voyant qu’elle étoit contre-dite par celle de Mason. « J’ai été encore bien plus vivement» ébranlé, ditPingré, lorsque mes calculs m’ont fait connoître» qu’en retranchant précisément une minute de f heure que j’ai» marquée pour l’attouchement intérieur des bords du soleil et« de Vénus, mon observation procureroit les mêmes résultats» que celle du cap ». Le passage de 1765; a fait voir que cedoute étoit bien fondé. Cependant Pingre se détermina, aprèsune ample discussion , pour une parallaxe de 10" 2 , ( Mémoires1761 , page 481, 1763, page 35 j , 1764, page 343 , 176.5 , page3 z ) ; et îe citoyen de la Lande prenant un milieu, la suppo-soit de cff dans son yístronornìe publiée en 1764, et qui futadoptée par tous les astronomes, comme l’ouvrage le plus étenduet le plus complet qu'on eût sur cette science.
Au milieu de ces incertitudes, on attendoit le passage du 3juin 1769. Il étoit encore plus important que celui de r76r,parce que l’effet de la parallaxe y devoit être plus sensible, ensupposant que l’observ.ation fût faite dans les points les plusfavorables, tels que la mer du Sud, la Californie, et les partiesles plus septentrionales de l’Europe. Aussi, tous les princes quiairnoient et qui íavorisoient les sciences, firent pour cette ob-servation des dépenses et des préparatifs considérables.
L’académie, et le duc de Choiseul, alors ministre, deman-dèrent à la cour d’Espagne des facilités pour un voyage dansle milieu de la mer du Sud ; mais on ne put l’obtenir. L’abbéChappe fut obligé de se contenter d’aller en Californie ; il partitavec deux officiers espagnols, le 29 décembre 1768. Le citoyende la Lande étoit destiné pour l’île de Saint-Dominique , oùil s’agissoit aussi d’aller vérifier les horloges marines de Berthoud,commission dans laquelle Pingre le remplaça , ses occupationsne lui ayant pas permis de la remplir. Véron fut chargé d’allerfaire le tour du monde, sur le vaisseau commandé par le cé-lèbre Bougainville, pour revenir aux Indes , où Véron espéroitaussi faire l’observation du passage de Vénus; mais il ne puty parvenir, et il mourut au mois de mai 1770.
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