118 HISTOIRE
calcul, qus ne le donnoit l’observatiGn ; et cette erreur alloit6ans cesse en croissant et dans le mêrne sens, en calculant lelieu de Saturne pour des temps plus voisins de nous. Ainsi,par exemple, Lemonnier reconnut qu’en adoptant le mouvementmoyen déterminé par la comparaison des observations anciennesavec les nôtres , il y avoit une erreur de a' en i5y8, en i65yde 20' et en 1716 de 3 6' dont Saturne étoit resté en
arrière du lieu déterminé par le calcul. Que si, au contraire,on part du mouvement moyen établi par les observations desdeux à trois derniers siècles , comparées aux nôtres , on trouve,suivant le même astronome , que Saturne est moins avancé selonle calcul qu’il ne l’étoit selon des observations anciennes, etnotamment qu’il y auroit eu une erreur de six degrés dansune observation de Saturne laite par Ptolémée , ce qui ne sau-roit être ; car cet astronome détermina son lieu par sa con-jonction avec l’épi de la Vierge , dont il donne le lieu à deuxminutes près de celui qu’il devoit être, selon nos connoissancesmodernes sur le mouvement propre des fixes. II f'alloit conclurede-là que le mouvement moyen de Saturne étoit anciennementplus rapide qu’aujourd’hui, et qu’il avoit diminué continuelle-ment depuis les plus anciens observateurs ; c’est ce qu’on appèleéquation séculaire, et on a cru pouvoir la fixer.à quarante-sept secondes pour un siècle, mais croissant comme les quarrésdes temps ; car l’effet de toute cause agissant uniformément etcontinûment, croît de cette manière.
' Kepler, dès 1625, avoit remarqué ce retardement; Flams-teed, en 1682, fit voir que toutes les tables astronomiques lesplus estimées, faisoient le mouvement moyen de Saturne tropprompt, et au contraire celui de Jupiter trop lent; ce qui futencore par le témoignage de Maraldi l’ancien, qui, dans lesMémoires de VAcadémie de 1704 , dit que pour concilier lesobservations de Saturne faites par Tycho, il faudroit corrigerle mouvement moyen de cette planète, et le diminuer d’un.quart ou d’un tiers de degré dans l’intervalle des observationsde Tycho aux nôtres, qui étoit de cent vingt ans environ.Maraldi revenant sur ce sujet en 1718, ajoute que pour con-cilier les observations anciennes avec les modernes , il faudroitsupposer le moyen mouvement dans ces derniers temps, pluslent que dans ceux de ces anciennes observations, et que c’esttout le contraire à l’égard de Jupiter.
Le citoyen de la Lande, dans les Mémoires de ijSy , donnades preuves plus exactes de ce phénomène. Enfin , les astro-nomes convenoient tous que, quelle qu en fut'la cause , les mou-veinens moyens de Jupiter et Saturne n’étoient plus les mêmesqu’ils étoient il y a quelques siècles.