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Tome quatrième.
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i36 HISTOIRE

fractions , et Je tous les élémens de l’astronomie qui en dé-pendent.

La réfraction des rayons de lumière dans l’atmosphère ter-restre donne lieu à divers phénomènes singuliers. II en estd’abord un qu’observa Bouguer du haut des cordillières, d’oùplongeant sur la mer du Sud, il étoit en état de voir le soleilmême au-dessous de l’horizon,oùily avoit une réfraction terrestre.

Quoique cet article n’ait eu pour principal objet que les ré-fractions astronomiques , les réfractions terrestres y sont tellementliées que nous avons pensé ne devoir pas omettre les réfractionsterrestres, qui ont lieu entre les qbjets plongés dans l’asthmosphèremême, et doivent être très-variables. On comprend facilementque la lumière ne peut se porter d’un lieu à l’autre, en lignedroite. Les couches athmosphériques et concentriques étant de dif-férentes densités, il n’est que la direction verticale dans laquelleun rayon de lumière puisse suivre une ligne droite. Le sommetd’une montagne est toujours vu plus élevé qu’il n’est réellement;un objet aperçu dans la ligne horisontale est toujours au dessous,et il est nécessaire d’y avoir égard dans beaucoup d’opérations,comme dans de grands coups de niveaux. C’est cette réfractionqui fait tantôt apercevoir, tantôt soustrait à notre vue , un objettrès-voisin de l’horison ; aussi des côtes de Gènes on aperçoitquelquefois le sommet des montagnes de la Corse , quelquefoison ne peut les voir ; aussi les observations des astres fort voisinsde l’horison sont suspects quant à la hauteur; car suivant laconstitution de l’athmosphère, la réfraction vers l’horison variede plusieurs minutes.

Plusieurs astronomes et géomètres avoient déjà fait cette observa-tion , mais c’est principalement Lambert qui a examiné et tra-vaillé à soumettre au calcul ces réfractions terrestres, dans latroisième partie de son ouvrage intitulé les Routes de la lumièredans Rathrnosphère, il y fait voir diverses propriétés de lacourbure que prend un rayon de lumière, et en.particulier, cequi simplifie beaucoup la question qu’on peut regarder, cettecourbure comme circulaire , attendu qu’étant toujours un arc depeu de minutes d’amplitude, elle se confond avec íe cercle oscilla-teur. Il examine d’après sa théorie les hauteurs des montagnes,mesurées par Cassini, dans les Pyrénées, d’après leurs anglesd’élévation sur l’horison, et il fait voir ce dont elles doivent êtreraccourcies à cause des réfractions.

Mais c'est surtout dans le nivellemement qu il est utile d’aíroirégard à cette correction de la réfraction. Ceux qui ont traité dunivellement se sont bornés à calculer combien il faut ôter de lahuteur d’un objet vu dans la ligne horisontale, pour avoir sonvrai niveau; mais cette correction a besoin d’une nouvelle ré-duction ,