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Tome quatrième.
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j 33 HISTOIRE

vitation universelle. II s’agit de déterminer par les lois de tala mécanique , la íigure que la terre a dû prendre , suivant telleou telle hypothèse et de concilier la íigure actuelle avec cesprincipes. Pour mettre plus de clarté dans cette intéressante ma-tière , nous la diviserons en deux articles.

La figure de la terre s’écarte si peu de la íigure d'une sphère par-faite , qu’il falloit des phénomènes particuliers et des considérations,délicates pour décider cette question. Mais quand on eut observéque Jupiter étoit aplati, et qu’on eut réfléchi que sa rotation-pouvoit en être la cause ; quand Richer eut observé à Cayenneîa diminution de pesanteur, on eut des raisons suffisantes poursoupçonner l’aplatissement de la terre.

Richer observa que pour que le pendule qui battoit précisémentles secondes à Paris, continuât de les battre à la latitude deCayenne, qui est de 4 9 5o r , il falloit le raccourcir de plus d’uneligne. Huygens en conclut aussitôt que ee phénomène venoit dela diminution de la pesanteur dans les lieux voisins de l’équateur*et il en donna en même-temps la cause, savoir : l’excès de laforce centrifuge qu’éprouvent les corps placés près de l’équateur^sur celle qu’ils éprouvent dans des lieux plus éloignés et vers lepôle. Mais il ne se borna pas là ; il fit voir en même-temps quecette force centrifuge devoit nécessairement écarter le pendulede sa direction primitive » si ce n’est sous l’équateur et sous lespôles; et que si la terre étoit sphérique , la direction du pendulene seroit plus perpendiculaire à la surface des eaux ou à cellede la mer dans son repos , d’où il suivroit qu’un corps légerreposant sur la surface de l’eau, ne la presseroit pas perpendi-culairement, mais obliquement, et conséquemment n’y seroit pasen repos. Huygens voyoit d’ailleurs par un calcul fort simplede la force centrifuge r que sous l’équateur cette force étoit la289 e . partie de la pesanteur, il en résultoit que sous la latituded’envirou 45°, le fil du pendule auroit dû s’écarter de la perpendi-culaire à la surface de la terre, ou des eaux de plus de cinqminutes, ce qui est contre l’expérience ; et de tout cela il eoncluoitenfin que pour concilier ecs phénomènes il falloit que les mé-ridiens de la terre eussent une forme renflée du côté de l’équateur »d’où il suivoit que la figure de la terre étoit un sphéroïde éleve-à l’équateur et aplati par les pôles, telle à-peu-près que celle dusphéroïde produit par une ellipse tournant à l’entour de son petitaxe, dont les extrémités seroient les pôles.

Huygens n’alla pas plus loin alors; mais dans son traité de vîgravitatis, qui n’a vu le jour qu’après sa mort, il tenta de dé-terminer la forme de la courbe des méridiens terrestres. Diaprésce qu’il avait démontré sur l’écarteroent du pendule par rapport àla ligne tirée au centre de la terre, ilréduisoitla détermination»