DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Lxv. VI. i {3changement de latitude que dans ceux où le méridien sera pluscourbe. Si donc la terre est allongée vers les pôles et par con-séquent aplatie vers l’équateur, les degrés de latitude diminue-ront de l’équateur au pôle ; et ce sera le contraire si la terreest aplatie vers les pôles et renflée vers l’équateur, les degrésiront en croissant à mesure qu’on avancera dans la même direc-tion. Car dans un ellipse la courbure va en diminuant du som-met du grand axe, où elle est la plus forte, en allant vers lepetit axe où elle est la moindre.
Lorsqu’on se fut redressé en France sur la conclusion à tirerdes mesures de Cassini, on fut fort étonné d’en voir résulterune figure toute contraire à celle que Newton et Huygens avoientdonnée à la terre. Leurs raisonnemens avoient paru conciuans ;mais d’un autre côté les opérations faites par les Cassini, Maraldi,ia Hire, etc. gens d’un grand nom dévoient avoient avoir beau-coup de poids. On se partagea donc. Plusieurs philosophes ducontinent, en général plus attachés à la doctrine de Descartesqu’à celle de Newton , regardèrent la terre comme allongée versles pôles. Jean Bernoulli, que des raisons particulières aliénoientde Newton et de ses opinions physiques, fit fort valoir cet alon-gement pour rétablir les tourbillons dans le crédit qu’ils avoient enautrefois, et il s’en servit d une manière ingénieuse pour déduirede cette hypothèse des tourbillons combinée avec l’alongernentde la terre, l’inclinaison de l’orbite de cette planète à l’équa-teur solaire, la précession des équinoxes, &c. (1). Mais toutcet édifice est entièrement écroulé, l’aplatissement de la terreayant été dépuis démontré ; et rien ne prouve mieux que cetouvrage , combien on peut faire de raisonnemens illusoires sem-blables à ceux de Bernoulli, quelques conformes qu’ils paraissentà la mécanique.
D’An ville, célèbre géographe fut aussi un deeeuxquiappuyèreritle plus le sentiment de la terre allongée par les pôles. Ses pré-tendues preuves se trouvent dans deux petits ouvrages qu’il litimprimer; mais quand on les a parcourus, ou est vraimentétonné de voir un homme qui s’est fait un si grande réputationdans la géographie s’étayer de preuves aussi frivoles que celles,qu’il allègue contre ^'aplatissement de la terre. Quelle confiance,en effet peu t-on avoir dans des opérations d’ingénieurs de grandschemins, qui, avec des graphomètres d’un demi-pied de rayonont mesuré la distance d’Orléans à Blois ; comment peut-on oppo-ser de pareilles opérations à celles des académiciens envoyésau Pérou et au Cercle Polaire. Que peut-on encore inférer de«estimes de la traversée de la mer dr» Sud par des pilotes es-
(t): Discours sur ia physique céseste.