144 HISTOIRE
pagnols da seizième siècle. Qui ignore aujourd’hui qu’aux erreursde pareilles estimes en longitude, se joignoit celle qui résultede l’ignorance ou l’on étoit que cette mer à un courant qui laporte sans cesse de l’est à l’ouest; on ignoroit môme alors lamanière approchée de mesurer le sillage d’un vaisseau par leloc. Tous les raisonnemens de d'Anville sur ce sujet sont marquésà ce coin.
Mais l’Angleterre toujours fidèle à la théorie de Newton , etun petit nombre de philosophes du continent continuèrent detenir pour la figure aplatie de la terre. Ils prétendirent avecfondement que la figure allongée de la terre ne pouvoit se con-cilier avec les lois de la mécanique ; ils alléguèrent contre lesopérations de Cassini que la différence des degrés mesurés enFrance étoit trop peu considérable pour pouvoir ôtre déterminéeassez exactement par des mesures telles q u on les avoit, et ilssoupçonnèrent dans ces opérations de petites erreurs qui non-seulement anéantissaient ces différences , mais en faisoient naîtred’autres en sens contraire. 11s en appelèrent enfin à des opé-rations faites dans des circonstances plus favorables.
Les partisans de Cassini répliquaient de leur côté qu’il n’yavait pas d’apparence que cet astronome et ses coopérateurseussent commis une erreur aussi considérable qu’il le fallait sup-poser, pour changer la figure de la terre en sphéroïde allongé,c’est cependant ce qui est arrivé. Ils tentoient aussi de montrerque quoique l’allongement de la terre semblât contraire aux lois dela mécanique , il n était pas impossible de les concilier ensemble :ils faisaient enfin sur le raisonnement de Newton et Huygensdiverses observations tendantes à en éluder la force. En effet,ces deux mathématiciens supposent que la terre ait été primi-tivement fluide , ou du moins qu’elle soit formée d’un noyausphérique et solide , d’une densité au moins égale à celle del’eau qui la recouvre. Dans ce cas, il est certain que la terrene peut être qu’un sphéroïde relevé sur l’équateur ; mais si laterre était formée d’un noyau elliptique allongé dans le sens deson axe, il n’en serait plus de même. On fait voir, et les neu-toniens même en conviennent, que dans ce cas, la terre re-couverte d’un fluide pourrait conserver une figure allongée,pourvu que la force centrifuge ou la rotation qui la produitn’excédât pas certaines limites. II est même encore possible ,dans cette hypothèse, que la gravité aille en diminuant du pôleà l’équateur; car à la vérité, dans un sphéroïde allonge et enrepos , la pesanteur est plus grande à i equateur qu au, pôle ;mais si la pesanteur à l’équateur surpasse celle qui a lieu aupôle de moins que n’est la force centrifuge à l’équateur, alorsôtant de la première cette force centrifuge, elle pourra rester
moindre