,52 HISTOIRE
venir à bout de cette entreprise, des soins avec lesquels onfit les observations , des vérifications auxquelies on soumit toutesles opérations! Ceux qui desireroient encore plus de détails surcet ouvrage, considéré du côté physique et politique , le trou-veront dans l’ouvrage de l’abbé Outiller, chanoine de Eisieux ,que Cassiiii avoit donné à nos académiciens , et qui leur futun coopérateur utile. Celsius , habile astronome suédois , quiles avoit aussi accompagnés par ordre du Roi de Suède , adonné également une relation exacte de ce voyage.
Nous avons vu que les académiciens français envoyés versl’équateur, s’étoient rassemblés à Quito ; ils songèrent d’abordà la mesure d'une base. Ce ne fut pas sans peine que dans cepays, hérissé de montagnes, ils trouvèrent un lieu commodepour cet objet. Ils y réussirent cependant assez heureusement,dans une plaine appelée Yarouqui , peu éloignée de Quito ,et s’étant divisés en deux bandes , l’une formée de Godin et dedom George Juan , l’autre de Bouguer, la Condamine et Ver-guin ; ils mesurèrent une ligne droite, un peu inclinée , et qui,réduite au plan de l’horison , fut trouvée de 6 272 toises 4 pieds7 pouces^. La différence entre les deux mesures étoit à peinede 2 pouces - ; les deux extrémités de cette base ont depuis étémarquées par deux pyramides , avec des inscriptions, qui furentle sujet d’un singulier procès, dont on peut voir la relationdans l’ouvrage de la Condamine.
Mais les difficultés qu’on essuya dans la mesure de cette base,n’étoient que le léger prélude de celles qu’on rencontra, àformer les triangles nécessaires pour la mesure de Tare du mé-ridien. On ne peut lire sans étonnement, le détail des incommo-dités qu’il fallut essuyer pour y parvenir. Qu’on se représenteune chaîne de montagnes , dont les sommets, quoique sous lazone torride, sont couverts d’une glace perpétuelle, dont lesparties un peu moins élevées, sont presque continuellementcouvertes d’une neige aussi froide que la glace, ou de pluiespénétrantes; c’est là qu’il fallut établir ses stations, quelquefoisy séjourner des mois entiers , pour attendre un moment de beautemps, afìn d’appercevoir les signaux placés sur d’autres mon-tagnes éloignées. Tant d’incommodités locales, jointes à cellesque causa plus d’une fois la mauvaise volonté OU 1 indolencedes gens du pays, gens dont on pouvoit à peine tirer quelqueservice, malgré toute la dépense, prolongèrent cette opérationpendant près de deux ans : elle fut enfin achevée en lydq-Godin et dom George Juan terminèrent la leur àCuenca, prisd’abord pour le terme te plus austral de 1 arc à mesurer ; niaisils le prolongèrent ensuite de près d’un demi degré au-delà duCôté du sud, jusqu à un lieu nommé Tueblo viejo de mira ,