DES MATHEMATIQUES. Pjuit. V. Liv. VI. 161
quelques secondes. Enlìri, ces astronomes, gênés -souvent parle peu d’éíerulue des lieux où ils étoient obligés d’observer,comme des clochers de villages, n’avoient pu le fairè avec desinstruméns de grandeur convenable, et c’est de toutes ces causesque partoient les erreurs commises sur J’étendue et la mesurede la méridienne.
Cassinide Thury, voyant donc la contrariété des résultats desopérations du nord et de celles de France , entreprit de reciilierces dernières; il fut aidé, dans ce travail, par Lacaille. -Fourmettre plus d’ordre dans leurs opérations, ils partagèrent toutel’étendue de la méridienne en quatre parties , de cieux degrésenviron chacune. La première, de Dunkerque à Paris ; la se—conde , de F a ris à Bourges; la troisième de Bourges à Rhodes;et la dernière , de Rhodes à Collionre. 11 s commencèrent parla seconde ; ils reprirent tous les triangles anciens , rejetant ceuxqui étoient trop petits , ou dont les angles ne surpassoient pastrente degrés , et en se servant pour la mesure des angles d’ungrand instrument, à la lunette duquel étoit adapté un bon mi-cromètre. L’arnplitude de l’arc du méridien entre Paris et Bourgesíut aussi mesurée avec un grand secteur de six pieds , scrupu-leusement vérilié. On conclut enfin la longueur en toises decet arc, en partant de la base mesurée par Picard ; ce fut alorsqu’on commença à suspecter cette base, car Cassini et la Cailleayant mesuré aux environs de Bourges une nouvelle base pourvérifier leurs opérations, ils trouvèrent que les résultats étoientdifférens d’environ une toise par mille, comme si la toise donton se servoit diffèrent d’un millième ou d’une ligne de cellede Picard. La grandeur moyenne du degré pris entre les pa-rallèles de Paris et de Bourges , se trouvoit beaucoup plus grandeque 5 j 060 toises, en employant l’ancienne base de Picard,ce qui étoit favorable à l’accroissement des degrés vers le midi ;mais en se servant de la nouvelle, on le trouvoit de 5 j 07 1 toises.On passa à la partie du méridien , interceptée entre Bourges etRhodes. Des opérations semblables aux précédentes, et unenouvelle base mesurée aux environs de Rhodes, donnèrent ledegré considérablement plus petit que le précédent ; il ne setrouva que de 5 y 040 toises : enfin , le degré moyen entre les pa-rallèles de Rhodes et Perpignan se trouva de 5 y oqH toises ; l’cxcèsde ce dernier degre sur le précédent ne doit pas être objecté contrela diminution des degrés, en avançant vers Féquateur ; car ladifférence est trop petite pour qu’on ne* soit pas fondé à enrejeter la faute sur Terreur inévitable qui accompagne touteobservation. II suffit que ce degré soit moindre que ceux deBourges, de Paris , de Dunkerque, comme on le trouve en.Tome IV. X