DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VI. 173de l’astronome est uniquement de rendre compte de ses ob-servations, et les irrégularités de la terre peuvent bien expli-quer cette différence; il faut ajouter qu i! n’avoit peut-être paschassez bons instruroens.
Bientôt après , deux savans jésuites, les pères Maire et Bos-covich., entreprirent un semblable travail en Italie , sous lesauspices du pape Benoît XIV; chargés de lever la carte de 1 étatecclésiastique, ils commencèrent en ij5i , et achevèrent en1753 la mesure d’une étendue de près de deux degrés entreRome et Rimini, vers l’embouchure du fleuve Ausa, dans l’A-driatique ; et ils trouvèrent sous cette latitude, qui est de 4Ì 0 >que le degré contenoit 56 toises. Ils ont décrit avec leplus grand soin leurs opérations , dans un livre qui parut en17 55 , sous ce titre, De litterariâ expediíione per pontifìciamaitionem ad dimetiendos duos rneridiani gradus et ad cor-rigendam mapparn geographìcain , &c. liomae, 1755 , in- 4°.Cet ouvrage a paru aussi en français en 1770 ; le père Bosco-vich a donné dans cet ouvrage des recherches profondes surla question de la figure de la terre , envisagée soit du côtémathématique , soit du côté physique , et le tout exposé avecbeaucoup d’élégance, et avec cette sobriété de calculs qui estpropre aux géomètres italiens et anglois. Cet ouvrage étant dif-ficile à se procurer en original, aeu un traducteur habile dansle père Châtelain-Hugon , l’une des victimes malheureuses de lacatastrophe de la société.
Les belles et vastes plaines du Piémont présentoient un champtrop favorable à la mesure d’un degré du méridien , pour quequelque astronome, habitant de ce beau pays , ne saisît pas cetteoccasion d'effectuer une pareille mesure. Le père Beccaria, sa-vant astronome et physicien, ayant pour coopérateur le cha-noine Canonica, l’exécuta en 1777; il résulta de sa mesure,que sous le 44 e degré 44 r de latitude, le degré du méridienétoit de 5j 024 toises ; mais il trouva de grandes inégalitésaux approches des montagnes, comme on le voit dans son livreintitulé, Gradus Taurinensis , 1774, L’auteur est mort
en 1781.
Vers le meme temps, deux astronomes anglois , Mason etDixon , travailloient à une mesure du degré terrestre, dans laPensylvanie ; ils en publièrent les résultats en 1768 , dans lesTransactions Philosophiques. Ils trouvèrent dans ce pays , etsous la latitude de 3y" 12/ , le degré du méridien de 56 888toises de Paris (1). Le citoyen de la Lande ayant envoyé à
( 1 ) Trans. philos. 1768 .