236 HISTOIRE
étant tombé entre les mains de Picard, il trouva que le calculrépondoit à l’observation, même mieux que Cassini ne l’avoitosé espérer. Sa réputation fut tellement établie parmi les as-tronomes f'rançois, qui n’étoient pas jaloux, que Louis XIVen ayant entendu parler, voulut l’attacher à la France : ce quieut lieu en 1669 .
Cassini arrivé en France, parmi les nombreux travaux as-tronomiques de tout genre qui l’occupèrent, perfectionna lathéorie des satellites , il se mit à les observer avec une nouvelleassiduité, et il publia en i6q3 de nouvelles tables plus parfaitesque les premières dans l’ouvrage intitulé : les Hypothèses etles Tables des satellites de Jupiter , reformées sur de nou-velles observations , par Cassini . Cet ouvrage est remarquablepar la discussion savante de tous les points de la théorie deces petites planètes, et l'exposition des difficultés qui, jusqu’àlui, avoient causé l’incerlitude , et pour ainsi dire fait le déses-poir des astronomes. II les concilie et les résoud tontes d unemanière également satisfaisantes. Si ses premières tables avoientmérité l’accueil des astronomes, celles-ci en firent en quelquesorte l’admiratíon , au moins pour ce qui concerne le premiersatellite; car elles en donnoient la configuration et les éclipsesdans la minute, et souvent à peu de secondes près.
Ainsi la théorie du premier satellite de Jupiter acquit assezpromptement, à peu de chose près , la perfection dont elle étoitsusceptible. Ce satellite est si près de Jupiter, et se meut avecune telle rapidité, qu'il est peu dérangé par les actions des autres ;mais il n’en est pas tout-à-fait ainsi des autres , à commencer parle second. C’est pourquoi Cassini ne dissimuloit point qu'il n’é-toit pas aussi satisfait de son travail à leur égard qu’à celui dupremier satellite. Mais il ajoute qu’il n’a pas cru devoir différerla publication des tables de celui-ci jusqu’à ce qu’il eut mis ladernière main à celles des autres; et c’est une vraie obligationque lui eurent les astronomes et les géographes; car ces tablesleur furent d’une grande utilité pour perfectionner la géogra-phie dans laquelle on reconnut à l’égard des longitudes unefoule d’erreurs monstrueuses. Tout notre continent entr’autresen fut resseré dans la partie orientale de plusieurs degrés.
C’est ici le lieu de dire un rnot do l’équation de la lumièrequi entre dans le calcul des éclipses du premier satellite. Nousavons dit que Cassini avoit eu la mêrne idée que Roemer, maisqii’ensuite il l’avoit abandonnée , ensorte que Roemer a seull’honneur de la découverte du mouvement successif de la lu-mière et du moyen d’en mesurer la vitesse. Comment Cassini,dira t-on, a t-il pu approcher autant de la vérité, sans admettrecette équation. 11 est facile d’y répondre. Cassini sans admettre