246 HISTOIRE
l)e la Place examine aussi l’influence que ces rapports desmoyens mouvernens peuvent avoir sur les autres élémens, etil détermine les inégalités qui en résultent. Il établit les rapportstrès simples qui lient ces inégalités à celles du moyen mouve-ment j il discute les variations que peuvent éprouver, en vertude la même cause , les expressions de la latitude au-dessus d’unplan fixe peu incliné à l’orbite. Il fait voir comment, au moyende ces résultats , on obtient les valeurs de la latitude, de lalongitude et du rayon vecteur de l’orbite troublée , variables quidéterminent la position des corps célestes. Cette partie de sa Mé-canique céleste est extrêmement remarquable par l’importancedu sujet, la beauté des méthodes, et la simplicité de Impo-sition , avantages précieux , et qui se font principalement sentirdans la recherche des inégalités dépendantes des rapports desmoyens mouvernens. Les géomètres savent que c'est à lui quecette théorie est dûe presque toute entière, et elle a produitla belle théorie des satellites que le citoyen de la Place a donnéedans les Mémoires de 1788 et 1789.
Les observations des satellites de Jupiter sont d’une utilité sijournalière dans l'astronomie, la navigation et la géographie,qu’on ne sauroit faire trop d’efforts pour qu’elles soient exacteset susceptibles de se correspondre les unes aux autres. II enest ici comme des thermomètres qui seroient des instrumenspeu utiles si l'on n’avoit trouvé le moyen de les rendre cor-respondant Les observations des satellites ont jusqu’ici manquéde cette perfection, car il est aisé de sentir que des observa-teurs doivent perdre de vue un satellite entrant dans sombre ,ou le revoir lorsqu’il en sort à des momens diffère n s suivantle degré de bonté de leurs vues ou des instrumens qu’ils em-ployent. De deux observateurs à côté l’un de l’autre , l’un em-ployant un télescope neutonien ou une lunette acromatique,appercevra le satellite 80 à 4° ff plutôt que l’autre qui employeraun instrument plus íoible; ou avec des instrumens d’égale bonté,l’un le verra plus longtemps que l’autre , parce ce qu’il a desyeux plus persans. Voilà donc une espèce de nouvelle équa-tion à introduire dans la pratique et l’emploi de ces observa-tions. Cet inconvénient a frappé plusieurs observateurs qui ontcherché à y trouver remède.
Fouchy remarqua, ( Mémoires de V Académie 1782), qu’ildevoit y avoir une inégalité optique dans les éclipses des satel-lites , à raison des distances : car la lumière des satellites étantmoindre quand ils sont plus éloignés du soleil ou de la terre »ils disparoissoient plutôt et reparoissoient plus tard. Galilée avoitdéjà remarqué que les satellites étoient beaucoup moins lumi-neux en approchant de Jupiter : le P. François Marie, capucin,