DES MATHÉMATIQUES. Pa*t. V. Lrv. VI. 2^7avoìt proposé en 1700 de couvrir un objectif de différens mor-ceaux de glaces, en différens temps pour mesurer l’intensité dela lumière , ( Nouvelle découverte sur la lumière ). Bouguer,dans son Optique, avoit aussi parlé de cette méthode.
M. de Barros, gentilhomme portugais, suivit cette idée ; il trou-voit que six morceaux de verre faisoient disparoître le premiersatellite, et équivaloient à une couche d’air de 17205 toises;il déterminoit par là l’équation qu’il falloit appliquer aux im-mersions observées avec sa lunette de quatorze pieds, et il enavoit fait une table pour différentes hauteurs. Mais il observoitque chaque lunette devoit avoir son équation différente : qu’ilfalloit aussi avoir égard à la différente distance du satellite àJupiter , aux distances de Jupiter au soleil et à la terre , à laproximité de la lune, à la force du crépuscule, à la hauteur dubaromètre, et qu’on pouvoit déterminer toutes ces quantitéspar expérience, avec des glaces placées sur le verre de la lu-nette ( Mémoires de Berlin , 1765). Fouchy pensa qu’il valoitmieux employer des diaphragmes en carton, de différentes ou-vertures, placés sur l’objectifde la lunette pour en diminuerl’ouverture ; c’est la méthode que Bailly employa avec succès,et il a fait à ce sujet un travail très-considérable et très-utiledans les Mémoires de l’Académie pour 1771 , dont on trouveun grand extrait dans l’ Astronomie du citoyen de la Lande ,qui a ajouté quelques considérations importantes au travail de
II nous reste à parler des satellites de Saturne et de leurthéorie. Nous en avons raconté la découverte par Huygens etCassini, tome II. page 551 , mais leur théorie n’est pas, à beau-coup près, aussi avancée que celle des satellites de Jupiter.Ces petits astres sont si éloignés de nous, il faut pour les ap-percevoir des télescopes si forts, qu’il n’y a pas d’apparenceque leur connoissance nous soit jamais d une grande utilité. 11en est seulement résulté une nouvelle preuve de la loi géné-rale qui règne dans l’univers entre les corps qui circulent àl’entour d’un autre ; ear les satellites de Saturne, comme ceuxde Jupiter, ont confirmé les calculs de l’attraction.
Ces satellites, comme tout le monde sait, étoient depuis lafin du dernier siècle réputés au nombre de cinq; mais Herschelen 1789 en a découvertdeux autres qui circulent entre l’anneau etle plus intérieur des anciens. L'un à 29" et l'autre à 87^ dedistance, le premier en 22 h 87^, et l’autre en 82^ 53' ; Pan-neau n'ayant que 22 à de rayon , le premier satellite n’estqu’à 6 ou 7" du bord de l’anneau, et voilà pourquoi on a étési long-temps à l’appercevoir.
On doit à Dominique Cassini les premiers essais de la théo-