248 HISTOIRE
rie des satellites de Saturne, comme de celle des satellites deJupiter. On voit par les Mémoires de VAcadémie de 1706, qu’ilen détermina les périodes. II promettoit dans ces mémoires depublier toutes ses observations et les tables qu’il avoit cons-truites pour calculer les mouvemens de ces satellites, mais celane me paroît pas avoir eu d’exécution. Son fils y suppléa en1714 et 1716 , et surtout à cette dernière époque, qu’il pu-blia dans les Mémoires de l’Académie des tables des mouve-mens des cinq satclites qui ont été longtemps ce que nous avionsde mieux , car Bradley leur donnoit la préférence sur celles quePound , son oncle, avoit publiées dans les Trans. philos. Pounddonna quelques observations dans les Transactions Philoso-phiques de 1718, après quoi les satellites de Saturne lurentcomplètement oubliés, jusqu’à ce qu’en 1786 le citoyen de laLande rappella l’attention des astronomes vers ces petits astres,et entreprit de calculer de nouvelles tables. Pour cet effet , illui falloit de nouvelles observations ; il n’y avoit pas alors àl’Observatoire un assez fort télescope ; il s’adressa donc au cit.Bernard, à Marseille , et à M. Herschel en Angleterre. 11 eut desobservations dont il donna le calcul dans les Mémoires de 1786et de 1788 , et il lit des tables qui parurent dans la Connaissancedes temps de 1792, imprimée en 1789 ; il fait voir que Cassinidans ses tables ( Mémoires 1716) donnoit des erreurs de 18 0 .et que la méthode dont Cassini et Herschel se servoient pourcalculer leurs observations étoit défectueuse. Ces tables cepen-dant ne sont pas faites pour calculer rigoureusement les lieuxde ces satellites ; elles ne sont contruites que sur les mouve-mens moyens , et ne peuvent servir que pour déterminer à-peu-près leurs positions respectives lorsqu’on veut les observeret les reconnoître. C’est presque à quoi se bornent nos connois-sances à cet égard.
Disons maintenant quelques mots sur la constitution de ce petitmonde saturnien, et sur la manière d’en déterminer les phéno-mènes. Les six premiers satellites de Saturne paroissent, autantqu’on a pu jusqu’à présent en juger,faire leurs révolutions dans leme me plan que celui de Panneau prolongé, et conséquemmentdans celui de l’équateur de Saturne ; car Panneau et cet équa-teur paroissent être dans un même plan. Or, Panneau de Sa-turne est incliné d’environ 3o°. à son orbite , d’où il suit quetelle est l’inclinaison des orbites de ces petites planètes à cellede Saturne. Ces orbites doivent conséquemment se resserrer enmême temps que Panneau , et dégénérer en lignes droites lors-qu’il disparoît, parce qu’alors la terre se trouve dans son planprolongé. C’est en continuant de comparer ces satellites à l’an-peau et au disque de Saturne, qu’on reconnoîtra si ces orbites
ont