DES MATHEMATIQUES. Part. V. Liv. VI. 261ans, comment ne l’auroit-on pas vu un ^rand nombre de fois ?On a dit à ce sujet que comme cette comete , dans son aphélie,est presque dans la région de Jupiter , il peut se faire qn’elle aitété dérangée par cette planète, et qu’elle ait eu une orbite tiès-diffërente de celle-ci {Mém. 177 6, p. 648), sans cela elle auroitété vue plusieurs fois. Quoi qu’il en soit, le cit. de la Landetrouve dans cette comète de 1770, de quoi jeter du doute sur lesretours des comètes, exceptés celle de 176p.
I X.
Des Comètes qui peuvent approcher de la terre.
II n’y a rien de plus singulier dans l’histoire des comètes quela terreur de 1778 , occasionnée par un mémoire du cit. de laLande. Ce mémoire étoit destiné à l'assemblée publique de l’Aca-démie des sciences, le 21 avril 1773, et il faisoit partie d’un tra-vail plus considérable sur les comètes. Le mémoire ne fut pas lu ;mais ce que l’on en dit ce jour-là après la séance, passa de boucheen bouche , et s’accrut beaucoup plus rapidement qu’on n’auroitpu le croire. Bientôt on dit qu’il avoit annoncé une comète, qui
dans un an, dans un mois.dans huit jours , alloit causer
la lin du monde, &c. Ces bruits populaires vinrent au pointd’efïrayer ; et le lieutenant de police demanda au cit. de la Landeune explication prompte, capable de rassurer le public : elle paruten peu de mots dans la Gazette de France du 7 mai ; mais cela nesuíïisoit pas pour justifier fauteur de toutes les choses absurdesqu’on lui iinputoit presque généralement à Paris, et même dansles provinces ; la multitude des lettres qu’il reçut, et desquestions qu’on lui adressa à ce sujet, lui fit juger qu’il étoitindispensable de publier sans délai cette portion de sonmémoire. Nous allons en donner une grande partie. On verraque les événemens dont il avoit parlé ne sont point à redouter ,parceque le nombre des combinaisons nécessaires pour les pro-duire est immense , ainsi que le nombre des hasards qui peuventles éloigner.
Depuis la découverte des mouvemenset du retour des comètes,les physiciens ont compris qu une multitude de corps tournanten différons plans autour du me me centre, ils pouvoient quel-quefois se trouver fort près les uns des autres, et occasionner desphénomènes très-singuliers.
Buffon a cru que l’état actuel du système solaire pouvoit êtrel’efíet du mouvement d’une comète; d’autres se sont contentésd’expliquer le déluge par la proximité d’un de ces astres.