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Tome quatrième.
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262 HISTOIRE

Whiston publia en 1708 sa Théorie de la Terre , dans laquelleil tâche d’établir que la comète de 1680 a pu causer le dé-luge 2926 ans avant l’ère vulgaire , soit par son atmosphère con-densée sur la terre, soit en soulevant les eaux intérieures de laterre, et les amenant à la surface. D’un autre côté les philo-sophes qui donnent plusaux causes finales qu’aux combinaisonsfortuites des causes secondes , ont cru que de semblables révo-lutions ne pouvoient point arriver. Voltaire qui voulut orner laphilosophie de Newton par les grâces d’un style qui étoit capablede la faire rechercher, s’en expliquoit ainsi en 1788, écrivantmême de concert avec l’un de nos plus habiles géomètres ,(Clairaut) et presque sous ses yeux.

« M. Cassini, dit il, a trouvé que presque tous ces corps pas-

sagers ont une route différente de celles des planètes. On a-- ignoré jusqu’ici de quelle conséquence sont ce nouveau zodia--, que et ce retour périodique des comètes pour la conservation-, du genre humain. Imaginez-vous, par exemple, que ce sontn des corps fortuits qui se trouvent par hasard dans notre éclip-» tique ; quel désastre ne seroit-ce pas pour notre terre, si malheu--, reusement elle venoit à se trouver au même point? L’idée de-- deux bombes qui crèveroient en se choquant enl’air, estinfini-,- ment au-dessous de celle qu’on doit en avoir. Heureusement-> pour nous on a découvert que la plupart des comètes, dans-- les nœuds de leurs orbites, sont bien moins éloignées du soleil» que ne sont notre terre, Vénus et Mercure ; c’est ce qui fait-, toute notre sûreté, et qui nous fait connoître combien nous-- avons de grâces à rendre à Dieu pour un si grand bienfaitÉlémens de la Philosophie de Newton, 1788, p. 381.

Le nom de Cassini est si célèbre dans l’astronomie, qu’il ins-pire d’abord la plus grande confiance ; mais, dans le temps oùle fameux Dominique Cassini écrivoit ses Traités sur les Co-mètes de 1664 et 1680 , l’on n’avoit point encore déterminé lesorbites des comètes, et l'on ne pourroit aujourd’hui rassurerl’univers sur sa parole. Halley étoit bien loin de penser de mêmelorsqu’il disoit : Quae verò ah hujusrnodi allapsu , vel contacta,vel denique collisione corporum caelestium , ( quae quidentomnino non impossibilis est), consequi debeant rerum physi-carum studiosis discutienda relinquo. Phil. Tr. 1705 , n®. 297 ,p. 1899.

Lambert dans ses Lettres Cosmologiques, ouvrage plein d’i-magination d’esprit et de savoir, en parlant des dérangernensque les attractions réciproques peuvent produire, s’exprimaainsi : « II est à croire qu’ils ont été sagement prévus et préor--, donnés, et que peut-être même ils concourent à maintenir» rharmonie du système. En un mot, je m’imagine que tous