DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VI. 265par rapport à son périhélie, qu’elle ne l’avoit eu en 1607; etcette différence dans l’espace de i 5 a ans prouve bien que lasituation des orbites cométaires peut être changée considéra-blement, et que celles qui n’auroient pas rencontré la circon-férence de f orbite terrestre pourroient un jour la couper.
Ainsi les huit comètes précédentes, quoique dans l’état ac-tuelle des choses elles soient à quelques degrés du nœud , quandelles sont à la hauteur de la terre, pourroient dans leur pre-mière révolution se trouver sur le passage même de la terre.
La comète fameuse de 1680, qui passa si près du soleil,qu’elle fut échauffée 2000 fois plus qu’un fer rouge, neparoît pas du nombre de celles qui peuvent influer sur la terre,quoique Winston ait voulu la donner pour cause du déluge.Halley observe seulement que le 11 novembre 1680, elle n’é-toit guère éloignée de l'orbite de la terre que comme la lune,c’est-à-dire de 84000 lieues ; et du Séjour la regarde comme unede celles qui pourroient le plus approcher de la terre.
Si l’on a vu dans des systèmes ingénieux, Winston supposerque la terre ait été elle-mêine une comète dans le chaos pri-mitif d’où elle fut tirée pour être habitée, et Buffon imaginerqu’une comète a pu , en effleurant le soleil en détacher la ma-tière dont nos six planètes sont composées, l’on me permettrafacilement, dit fauteur, d’exaininer un fait analogue à ce quise passe sous nos yeux, et dont la possibilité se présente dansle résultat de mes calculs : voyons donc ce qui peut arriver àla terre par faction d’une seule de ces huit comètes. Je n’exa-minerai pas si une de ces comètes pourroit former autour dela terre un anneau semblable à celui de Saturne , ou bien en-traîner la lune qui nous éclaire et qui nous suit, devenir unsatellite de la terre , ou forcer la terre à devenir le sien ; siune comète qui, par le changement de direction qu’elle éprou-veroit alors, pourroit nous entraîner dans le soleil, ou s’enéloignera jamais pour aller parcourir d'autres systèmes etd’autresmondes, tout cela s’est déjà présenté à f imagination hardiede quelques physiciens célèbres, mais tout cela est peut-êtreimpossible. Je ne parlerai pas même du choc de la, comète contre ,la terre , qui confondroit les élémens , qui cliangeroit la duréedes jours et des années , qui mettroit les mers à sec, inonderoitdes continens , transporteroit notre atmosphère d’une partiede la terre à l’autre ; et changeant la direction de la pesan-teur, renverseroit les montagnes; enfin, qui feroit une seuleplanète de deux , en détruisant, pour ainsi dire, furie et f autre;le choc de ces deux corps suppose une coïncidence si pré-cise des deux orbites, qu’on ne peut la regarder que commeinfiniment rare et difficile.
Tome IV,
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