268 HISTOIRE
pourroit fournir de quoi submerger les trois grands continens ,qui ne font guères qu’un tiers de la surface de notre globe.
La distance de i3 mille lieues, qui produiroit une marée de2 mille toises, au-dessus du niveau, se trouvera moindre, etla possibilité de l’événement augmentera, si l’on suppose unecomète ou plus dense, ou plus grosse que la terre; supposi-tion qui est encore fort naturelle : car, si L’on fait attention ,comme le dit Buffon, « à la fixité et à la solidité de la matière ,» dont les comètes doivent être composées pour souffrir , sans» être détruites, la chaleur inconcevable qu’elles éprouvent au-» près du soleil ; et si l’on se souvient en même-temps qu’elles» présentent aux yeux des observateurs, un noyau vif et solide ,» qui réfléchit fortement la lumière du soleil, à travers l’atmos-» phère immense de la comète, qui enveloppe et doit obscurcir» ce noyau, on ne pourra guère douter que les comètes ne» soient composées d’une matière très-solide et très-dense, et» qu’elles ne contiennent, sous un petit volume , une grande» quantité de matière ». ( Hist . Nat. t. I, p. 199 z/z-12).
Les planètes sont d’autant plus denses, qu’elles sont plus prèsdu soleil; la terre est quatre fois plus dense que Jupiter qui estcinq fois plus éloigné du soleil ; les comètes , en suivant cetteloi, seroient encore plus denses. La comète de 1680 , échauffée2000 fois plus qu’un fer rouge , seroit 28000 fois plus dense quela terre, si l’on supposoit, avec Buffon, que cette densitédoive être proportionnelle à la chaleur que les planètes doiventsubir. Ainsi, l’on peut croire qu’une comète, sans nous appro-cher de plus près que i3 mille lieues, pourroit y produire unemarée totale de plus de trois mille toises, et causer tous les rava-ges dont nous venons de parler.
Telles sont les suites qu’on entrevoit dans le concours d’unecomète avec la terre, aux environs du nœud, mais aussi nousvoyons que le danger seroit bientôt passé, et dès-lors il diminuebeaucoup.
En effet, la terre parcourt, dans son orbite, six cents millelieues en un jour ; par conséquent, elle ne peut être qu’une heurede temps à la distance que l’on vient d’assigner pour la comète.Or, l’inertie des eaux est trop grande, pour qu’en une heure detemps elles pussent être portées à une si grande élévation. Oncraindra, peut-être, qu’une impression aussi violente ne con-tinuât à s’exercer même après queìla cause seroit passée , et quêle reflux d’une si terrible marée ne produisît sur le reste de laterre , à-peu-près les mêmes ravages qu’auroit produit l’élévationmême des eaux dans les parties de la terre qu’elle auroit sur-montées ; mais tout cela est douteux, et nous laisse de quoi nousrassurer sur de pareils événemens. 'orq