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Tome quatrième.
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DES MATHEMATIQUES. Part. V. Lxv. VI. 269

D’ailleurs, il y a beaucoup à parier contre toutes les circons-tances nécessaires à de pareils événemens. i°. Il est dilíicile quela coïncidence exacte du nœud qui n’est que passagère , se trouvearriver dans le temps où la comète y passera. 2 0 . En supposantque cette coïncidence y soit, ces deux planètes ( dont les orbites secoupent exactement) se rencontreront difficilement à la fois aumême point d’intersection. Par exemple, la terre n’ayant que17 " de diamètre, vue du soleil, elle n’occupe que la 76 millièmepartie de la circonférence de son orbite. Supposons qu’unecomète traverse précisément l’orbe de la terre, il y a, pour lemoment où elle se trouve dans le nœud, 76 mille contre un à parier,que la terre ne se trouvera pas dans un point de son orbite oùelle puisse être frappée.

La distance de id mille lieues, à laquelle on a dit que la comètepouvoit submerger une partie de la terre , est comprise 16 millefois dans la circonférence de l’orbite terrestre; ainsi, il y auroitenviron B mille contre un d’espérance, même à chaque fois quela comète passeroit dans son nœud , et précisément sur la circon-férence de notre orbite.

Mais de plus, ces passages sont bien rares, puisque les révo-lutions de chaque comète exigent un ou plusieurs siècles, etqu’ilpeut se passer des milliers de révolutions, sans que les nœudsse trouvent placés dans l’endroit où nous les supposons.

On ne peut donc regarder ces événemens et ces dangers quecomme des possibilités, qui ne sauroient entrer dans Tordremoral des espérances ni des craintes. Les tables de mortaliténous apprennent qu’il meurt une personne à toutes les secondes,ou 36oo par heure, sur la surface de la terre, peuplée d’environ800 millions d’habitans ; mais personne de nous ne craint demourir dans une heure, parce qu’il y a 277800contre un à parier,pour chaque individu, qu’il ne sera pas du nombre. Les possi-bilités dont on vient de parler sont encore plus éloignées, et l’onpeut dans Tordre moral les regarder comme nulles.

Nous ne pouvons pas espérer que jamais il soit possible d’enprédire le temps, parce qu’il y a un trop grand nombre de comètesqui peuvent agir sur chacune de celles que Ton voudroit pré-dire, et peut-être même ne pourra-t-on jamais assurer que tellecomète approchera de nous.

Lorsque Clairaut entreprit d’annoncer plus exactement le re-tour de la comète de 1682, d’après les tables que le cit. de laLande avoit calculées, il se trouva un mois d’erreur dans le ré-sultat. Il n’avoit pu faire de semblables calculs pour les attractionsdes autres planètes , encore moins pour celles de toutes lescomètes que nous ne connoissons pas , et que peut-être les hom-mes ne connoîtront jamais.