2 7 o HISTOIRE
De semblables inégalités doivent être bien plus sensibles dansles comètes qui vont à des distances énormes du soleil, puisque iaplus voisine de toutes, celle de 17 5 p, s’enéloigne jusqu’à 12.06millions de lieues. A de pareilles distances, la force centrale quiles retient vers le soleil est si soible, que la moindre attractionpeut influer sur le moment de leur retour à sorbe de la terre.Cependant nous avançons de 600 mille lieues par jour dans notreorbite; ainsi une demi-heure de plus ou moins sur l'arrivée de lacomète, peut contredire toutes les prédictions que l’on auroitfaites, et rendre indifférents les retours qu’on auroit crus funes-tes , sans que nous puissions d’avance le prévoir ; après dessiècles d’observations et de calculs , les astronomes ne pourrontdéterminer les périodes et les retours des comètes avec la pré-cision nécessaire pour ces sortes de prédictions : nous ne con-noîtrons jamais tous les élémens qui doivent entrer dans ces cal-culs. Ainsi l’objet du mémoire que nous venons de rapporterétoit seulement de faire voir que la chose est possible, etqu’elle est dans Tordre naturel du système solaire.
Cela rappelle nécessairement à un physicien l’idée des révo-lutions qui ont déjà bouleversé autrefois notre globe, dont latradition paroît avoir existé il y a plus de 4 mille ans, et s’esttransmise jusqu’à nous, et dont les traces se retrouvent encoresur les montagnes, comme dans le sein de la terre.
Tout cela pourroit naturellement s’expliquer par le choc ou la.proximité de quelqu’une de ces comètes. Maupertuis, dans salettre sur la comète de 174?-, considérant l’extrêtne chaleur quecelle de 1680 avoit contractée vers le soleil, semble croire commeWliiston, que si la comète eût passé près la terre, elle l’auroitréduite en cendres, ou l’auroit vitrifiée , et que si sa queue seu-lement nous eût atteints, la terre eût été inondée par des exha-laisons brûlantes et destructives; je comprens que la terre pour-roit également finir ainsi par le feu d’une comète embrasée;mais Buffon a fait voir qu’il faudroit plus de temps que la comèten’en passe près du soleil pour qu’elle s’échauffât à ce point là.C’est donc l’eau qui paroît jusqu’à présent le seul fléau que laterre puisse éprouver aux approches d’une comète, et ce dangerest bien moindre que celui d’une conflagration universelle.
Entre les 52 comètes que fauteur ne citoit point, comme pou-vant rencontrer la terre , il y en a encore 44 qui seront elles-mêmesdansce cas-là par la suite des temps,puisque l’attraction mu-tuelle de tous les corps célestes change perpétuellement les nœudsde toutes les comètes. Celles dont les nœuds sont actuellementles plus éloignés de la circonférence de l’orbite terrestre, y arri-veront dans la suite des siècles, et ameneront la possibilité desrévolutions dont il s’agit ; mais les comètes dont on pourroit