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Tome quatrième.
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*84 HISTOIRE

en avant, est subitement retardé, on voit cette eau s’élever ducôté où elle est portée. Au contraire , si le mouvement du vaseest subitement accéléré, l’eau restant en arrière s’élève contre lele bord postérieur du vase. C’est, suivant Galilée, une cause sem-blable qui fait alternativement élever et abaisser l’eau contre lerivage de la mer; car, disoit il, la terre se mouvant dans sonorbite est portée de deux tnouvemens, l’un de translation autourdu soleil, l’autre de rotation autour de son axe. Or, lorsqu’unpoint de la terre est arrivé à la partie du méridien opposée ausoleil, ces deux tnouvemens conspirent, se faisant dans le mêmesens. Ainsi le mouvement de ce point est accéléré ; c’est le con-traire lorsque ce point arrivera en conjonction avec le soleil : l’unde ces tnouvemens se fera en sens contraire de l’autre ; ainsi lemouvement du point dont il s’agit sera moindre que le mouve-ment moyen de la circonférence terrestre. L’eau dont cette sur-face est couverte, devra donc, dans le premier cas, rester un peuen arrière, et pressée parcelle qui la suit, elle s’élevera jusqu’àce qu’elle ait repris le mouvement moyen de toute la masse. Dansle second, elle ira en avant avec plus de vitesse que la terre, ets’élèvera , par une cause semblable à la précédente, en rencon-trant les rivages qui, pour la plupart, présentent à la mer unebarrière dirigée du nord au sud. Voilà les deux souleveinens deseaux qu’on observe chaque jour.

11 y auroit bien des objections à faire contre cette explication ;il suffira d’observer que Galilée ne mettoit pour rien la lune dansla production de ce mouvement des marées. Suivant sa manièrede les concevoir , il eût toujours été pleine mer à midi et à mi-nuit environ, et basse-mer au lever et au coucher du soleil,tandis que les hautes et basses-mers parcourent successivementtoutes les heures de la journée dans l’intervalle d’une révolutionlunaire. Ainsi cette explication étoit absolument insuffisante.

Ce fut pour lever cette difficulté, en donnant à la lune l’in-fluence qu’elle a, suivant toutes les observations sur les marées ,que Baliani imagina son système, dans lequel il faisoitde la terreun satellite de la lune, tandis que nous savons que c’est celle-ciqui est le satellite de la terre. Par ce moyen il parvenoit, en sui-vant le principe de Galilée, à expliquer pourquoi l’eau montequand la lune est dans le méridien , soit dans le demi-cercle supé-rieur, soit dans l’insérieur, et pourquoi elle baisse lorsque cetteplanète approche du lever ou du coucher. Mais cette opinionbizarre de Baliani, adoptée ensuite et présentée par le 1 J . Alexan-dre, comme son ouvrage propre, ne soutient pas l’exauien ,Mairan a fait voir que de ce mouvement suivroient divers phéno-mènes qu’on n’observe point.

"Wallis prit une autre route pour accorder l'explication de