Band 
Tome quatrième.
Seite
287
JPEG-Download
 

DES MATHÉMATIQUES. Part. V. Liv. VI. 287

On conçoit facilement comment l’ean de ia mer doit s’éleverau-dessous de la lune , c’est-à-dire , au point qui a la lune à sonzénith et aux environs, jusqu’à un certain éloignement ; car il estbien aisé de voir que cette eau, attirée par la lune plus que ne l estle centre de la terre , sa gravité vers la terre est d autan t diminuée,ce qui trouble l’équililji e du fluide. Mais on ne conçoit pas aussiaisément pourquoi une pareille élévation doit arriver au pointdiamétralement opposé à celui qui regarde le soleil. On peutnéanmoins le rendre tout-à fait sensible par la considérationsuivante.

Si la terre , livrée à sa seule pesanteur vers la lune ou le soleil,se rapproclioit de l’un ou de l’autre , il est évident que le point leplus voisin de la lune en étant plus attiré, en recevroit un plusgrand mouvement, et laisseroit de plus en plus en arriére le corpson le noyau de la terre. Par une semblable raison, ce noyau ,plus voisin de la lune , se mouvroit aussi plus rapidement en serapprochant de cet astre , que les parties qui lui sont diamétra-lement opposées ; ces dernières resteroient de plus en plus cnarrière. Ainsi l’on voit que l'effet de faction de la lune sur laterre, tend à en écarter non-seulement les parties qui la re-gardent , mais encore celles qui lui sont diamétralement oppo-sées ; c’est-à-dire , à diminuer la pesanteur des unes et des autresvers la terre ; d’où il suit que le fluide qui environnera la terre ,s’élevera des deux côtés, et formera un sphéroïde dont le grandaxe regardera la lune.

Ce que nous verrons de dire est ce qtri arriveroit si la terreétoit en repos, ou n’avoit aucun mouvement de rotation sur sonaxe. Considérons maintenant ce qui arrivera, la terre ayant unmouvement de rotation, ou, ce qui revient au même , la lune semouvant à l’entour d’elle d’crient cn occident. Dans ce casì’inertie de la masse des eaux ne permettant, pas à ce sphéroïde,de suivre la lune avec la rapidité dont elle se meut, Taxe qui la re-garderoit restera un peu en arrière. Ainsi une île située au milieumêxne de l’Océan n’aura pas tout-à-íait pleine mer au moment oùla lune passera par son méridien, ruais quelques heures après. IIen sera de même de ia basse-mer, elle suivra seulement de quel-ques heures le coucher ou le lever de la lune, et môme sur cer-taines côtes où le mouvement des eaux sera rompu par denombreux obstacles, ce mouvement pourra être si lent, que leflux arrivera 5 ou 6 heures et même 12. heures plus tard ; de ma-nière que tout semblera dérangé , la haute-mer se faisant quandarm.it dû se faire la basse, et celle-ci quand on auroit dû avoir iahaute nier. .Newton recherche dans son livre des Principes, Jaforce avec laquelle le soleil agit sur les eaux de la mer, ct iltrouve qu’en vertu de cette action la gravité des parties do