DES MATHÉMATIQUES. Pabt. V. Liv. VI. 291étranger, en. supposant le noyau spérique, solide et d’inégaledensité. C’est ce que fait Clairaut dans sa figure de la terre, ensupposant, au lieu d’un canal passant par le centre, un canalcirculaire placé sur le noyau même , et établissant la communi-cation de deux canaux, dont l’un est dans saxe du sphéroïde et1 autre dans le plan de son équateur. II s’agit seulement de dé-terminer quel effet produira, sur ces deux canaux, Faction d’unastre, de la lune par exemple. Cette supposition est absolumentconforme à l’état de la nature; car si l’on suppose le fluidearrivé à un état permanent et qu’on mène le canal ci-dessus , ilest évident que ce fluide restera dans le même état et ne baisserani dans l’un ni dans l’autre des canaux , et puisque la quantité defluide dont la terre est couverte est supposée une partie extrê-mement petite de la masse totale de ce globe, cette partie ne sau-roit exercer sur chaque particule du fluide renfermé dans le tuyauqu’une action comme infiniment petite ; conséquemment en sup-posantanéanti tout ce qui est hors du tuyau,le fluide y restera à uninfiniment petit près dans le même état. Telle est la manière donton peut raisonner pour établir l’identité, ou absolue, ou très-approchée des deux hypothèses.
Bernoulli après avoir jeté, dans les propositions préliminairesque nous venons d’exposer, les fondemens de l’explication desmarées et de ses phénomènes, fait voir comment ils dérivent deces principes.
Le premier phénomène est la marée diurne, ou cette intumes-cence des eaux de l’Océan qui les fait s’élever sur nos côtes, etensuite s’abaisser deux fois dans un intervalle de 2.4 heures \ envi-ron. On a suffisamment fait voir, dans le commencement de cetarticle, comment ce mouvement réciproque naît de l’équilibrerompu entre les eaux de l’Océan. Bernoulli parcourt de même lesphénomènes des marées suivant les distances du soleil à la lune ,suivant les latitudes des lieux, et suivant les déclinaisons dusoleil et de la lune, et leurs distances à la terre. On peut voir aussile détail de ces phénomènes expliqués par la même hypothèsedans le traité du cit.de laLande,d’une manière très-simple.On doitciter encore le P. Bosco vich, dont on a une excellente dissertationsur ce sujet, intitulée de Maris aestu , qui parut à Rome en 1746.Cette pièce est digne de son auteur, tant par diverses idées neu-ves qu elle contient, que par la clarté et l’élégance de ses dé-monstrations. Mais Bernoulli, ainsi que Maclaurin , Euler etBos-covich, écrivaient dans un temps où les lois du mouvement desfluides n’avoient point été discutées, et leurs explications nepouyoient s’accçrder qu’à-peu-près avec les phénomènes.
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