296 HISTOIRE
iner due aux actions des deux premiers soleils, est égale à lasomme des hauteurs que chacun d eux produiroit séparément ;en égalant cette somme à celle que donne l’hypothèse du troi-sième soleil, il en résulte une équation linéaire aux différencesfinies entre trois ordonnées de la courbe des hauteurs de la mer.If auteur satisfait à celte équation par le théorème de Taylor,qui sert à développer une fonction selon les puissances de lavariable, par le moyen des différentielles de différens ordres{Methodus incrementorum), et il en déduit l’expression de lahauteur de la mer, qu’il construit d’une manière très-élégante.Cette expression renferme deux arbitraires, dont la premièredépend cîe la grandeur de la marée totale dans le port que l'onconsidère, et dont la seconde dépend de l’heure de la marée , oudu temps dont elle suit le passage du soleil au méridien.
II semble, au premier coup d’œil, que l’heure de la maréedevroit coïncider avec le passage au méridien de l’astre qui laproduit, et cela auroit lieu eh effet si la terre étoit un sphéroïdede révolution; mais il n'en doit pas être ainsi dans la nature.Pour en sentir la raison, il faut observer que les phénomènes desmarées sont très-sensibles dans une grande masse fluide, parceque les impressions que reçoit chaque molécule s’y communi-quent à la masse entière, et doivent être peu sensibles dans leslacs et dans les petites mers, telles que la mer Caspienne et la merNoire. Si donc on conçoit un large canal communiquant avec lamer , et s’avançant fort loin dans les terres sous le méridien deson embouchure, le flux et reflux, propres à ce canal, y seroientinsensibles ; mais il n’en seroit pas de même de celui qui auroitlieu à son embouchure ; et les ondulations produites à cetteextrémité se propageant successivement dans toute la longueurdu canal, formeroient à chacun de ses points un flux et refluxsoumis aux mêmes lois, mais dont les heures retarderoient àmesure que les points seroient plus éloignés de l’embouchure.
Le cit. de la Place considère ensuite Faction de la lune, en lasupposant mue uniformément dans le plan de l’équateur, et tou-jours à la même distance du centre de la terre; il est clair qu’ildoit en résulter un flux et reflux semblable à celui que produitle soleil : il l’évalue de la même manière, il réunit ces deux oscil-lations , qui, étant très-petites, par rapport au rayon terrestre , sesuperposent sans se confondre, et il en déduit, pour la hauteurtotale de la marée , une expression qui, d’après ce qui a été dit
Î )lus haut, renferme quatre constantes arbitraires. Cette hauteur esta plus grande,lorsque les deux marées lunaire et solaire Coïncident;elle est la plus petite lorsque la haute-mer de l’astre qui produit leplus grand effet coïncide avec la basse-mer de l’autre. Si donc lamarée solaire l’emportoit sur la marée lunaire , le maximum et